[Expérience] Eklo : entre Terre et ISS, la connexion des sens

Depuis bientôt deux ans, la synergie d’étudiants de l’Université de Toulouse III et de l’Ecole de Design Nantes Atlantique, soutenue par le Groupement Scientifiques en Biologie et Médecine Spatiale (UMR5288 Université Toulouse III / CNRS), développe une capsule sensorielle dédiée à l’astronaute Thomas Pesquet, qui sera envoyé dans la Station Spatiale Internationale durant la mission ALPHA de l’ESA.

L’année 2021 sera celle de la deuxième mission spatiale, ALPHA, de Thomas Pesquet, astronaute de l’ESA (Agence Spatiale Européenne), marquée par la réalisation de deux expériences préparées par des étudiant(e)s des universités et écoles françaises : Eklo et TETR’ISS.

Le projet Eklo est né de la fusion de nos deux projets lauréats au concours Génération ISS : un appel à projets lancé par le CNES et le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en janvier 2019 pour sensibiliser les étudiants au secteur spatial. Pendant deux ans, les compétences variées des étudiants qui composent notre équipe nous ont permis de répondre aux besoins et aux contraintes de l’ESA et de la NASA, et de garantir un départ pour l’ISS en 2021.

Eklo est une capsule sensorielle qui a pour but de relier l’astronaute à la Terre. Pour cela, nous avons choisi de travailler autour de la beauté terrestre, et quoi de mieux qu’une fleur ? Un être vivant, coloré, qui ravit les yeux et le nez. Voilà de quoi notre projet se nourrit : de fleur et d’odeur de végétaux afin de ramener un bout de la Terre dans l’ISS.

Une fleur

Une étape essentielle de notre travail a été consacrée à l’identification de la plante idéale pour notre expérience. Celle-ci requiert des conditions optimales pour son épanouissement : lumière, eau, le sol et nutriments. Eve Teyssier, étudiante en master 2 de biologie végétale à l’Université de Toulouse III Paul Sabatier ainsi que Veronica Pereda Loth et Lenka Tisseyre, ingénieure et technicienne au Groupement Scientifiques en Biologie et Médecine Spatiale (GSBMS), ont travaillé sur ce point critique. Pour partir dans l’espace, cette plante devait impérativement répondre à des critères spécifiques : une taille inférieure à 20 cm, une floraison rapide, une robustesse à toute épreuve, qui puisse se contenter de peu de lumière et d’une température autour des 25°C. Après de nombreux tests au laboratoire du GSBMS, nous avons trouvé la plante idéale : l’œillet d’Inde nain.

Une capsule

Dans l’ISS, la gravité n’existe pas, pas plus que la Terre et la Nature. Pour que notre fleur puisse se développer dans l’espace, il a fallu lui recréer un environnement idéal. Avec leurs connaissances, les étudiants de l’Ecole de Design Nantes Atlantique (Clara Jouault, Flavie Simon-Barboux, Enzo Zouaoui, Jules Lerouge et Bastien Padiolleau) se sont chargés de la conception de la capsule. Elle a été pensée pour fournir la lumière nécessaire à la plante mais aussi pour accueillir le “sol” sur lequel la plante poussera et aussi l’eau qui permettra la vie à la plante. Ce produit est le fruit de mois de réflexion et de tests menés par nos designers.

Des odeurs

Notre fleur étant enfermée dans sa capsule pour garantir sa sécurité et celle des astronautes, nous avons amené les odeurs par un autre moyen que par la plante elle-même. Pour cela, une technique d’encapsulation des odeurs sur un carton a été réalisée grâce à notre partenariat avec le GSBMS et leur contact avec l’entreprise Euracli. Parmi ces odeurs, celle de la rose, du pin ou encore de la menthe seront découvertes par l’astronaute au fur et à mesure de l’expérience.

Et une fois l’expérience arrivée dans l’ISS ? Thomas Pesquet disposera de deux mois pour s’occuper de la capsule, prendre soin de cette plante et apprécier les odeurs qui lui rappelleront et le rapprocheront, nous espérons, un peu plus de la Terre et des êtres qui lui sont chers.

Et sur terre ?

L’équipe s’est ensuite agrandie pour accueillir de nouveaux étudiants (Elisa Youb, Kilian Cornillon, Florian Cargouet et Emma Brossaud). Leurs actions sont centrées sur 3 expériences sensorielles, numériques et pédagogiques développées sur Terre pendant la mission de Thomas Pesquet. Ensemble, notre objectif est de faire rayonner le projet auprès du plus grand nombre, et de rendre la science du végétal et de l’espace plus accessible. L’université de Toulouse III nous soutient en apportant de la visibilité au projet et en nous aidant à participer aux futurs forums organisés par l’université.

 

Pour aller plus loin :

Lien du site web : www.eklo.space

Lien du linkedin : www.linkedin.com/company/eklo-association

Lien du insta : www.instagram.com/eklo.space

 

Lire L’instant Recherche n°19 – Ces universités qui embarquent sur la Station Spatiale Internationale

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