Conférence des présidents d'université

    

Lettre du 18 mars 2010 - n°39

   
   

Débat sur la gouvernance



L’actualité du grand emprunt conjuguée à la sortie d’un rapport sur les PRES, succédant lui-même à ce qu’on appelle le rapport Aghion, ont  suscité la mise en débat, en CPU plénière, de deux textes consacrés l’un au grand emprunt et l’autre aux principes de la gouvernance.

Le grand emprunt avait déjà fait l’objet de plusieurs débats et prises de position (position du 21 janvier 2010 et newsletter n°38 du 11 mars 2010 et n°29 du 21 décembre 2009). C’est donc moins l’Emprunt National en lui-même qui faisait l’objet d’un débat nouveau que son lien éventuel avec les questions de gouvernance.

Plusieurs points d’accord se sont facilement manifestés :
- Sur la chance que représente l’emprunt national pour l’enseignement supérieur et la recherche
- Sur la nécessité de soutenir l’excellence partout où elle se trouve, et non pas seulement sur les lieux de forte concentration
- Sur l’exigence que la communauté universitaire soit associée à la discussion des modalités d’appels d’offre, comme cela a été fait en Allemagne (cf. newsletter n°37 du 4 mars 2010 )
- Sur le refus que la question de la gouvernance soit abordée exclusivement au travers du grand emprunt, comme condition d’éligibilité aux campus d’excellence, et sans que les conditions intellectuelles et scientifiques de ce débat aient été réunies.
- Sur l’affirmation que les universités, les PRES et les autres établissement (Instituts, Ecoles) que rassemble la CPU sont tous engagés depuis 4 ans dans un processus de transformation considérable, mobilisant beaucoup d’énergie et de force de conviction; ce processus remarqué de l’extérieur et de l’étranger, ne permet en aucun cas de taxer l’Enseignement Supérieur et la Recherche français de conservatisme ou d’immobilisme.

La richesse des débats et les contraintes de temps (après une intervention de l’AERES et un débat sur la formation des professeurs stagiaires) ont donc conduit la Conférence des Présidents d'Université à décider de consacrer une journée entière à ce sujet, tout début avril.

Projet d’arrêté sur le cahier des charges de la formation des maîtres: position de la CPU



1-  La CPU s’étonne que le projet de cahier des charges de la formation des maîtres soit préparé sans aucune concertation préalable entre les Ministères concernés et les établissements d’enseignement supérieur. Elle réaffirme que les universités entendent assumer pleinement leur rôle dans la formation des futurs enseignants et demande donc instamment d’être consultée sur ce cahier des charges afin que ses propositions soient prises en compte.

2- Sur le fond, la CPU considère la première année d’exercice des fonctionnaires stagiaires, lauréats des concours, comme étant une année à part entière du dispositif de formation envisagé comme un continuum.  C’est pourquoi cette année de formation, au cours de laquelle l’université et l’autorité académique interviennent conjointement, doit respecter les principes suivants :

• Cette formation doit se dérouler sur un temps de décharge, au moins égal à un tiers du service statutaire, hors actions de « tutorat » et « autres formes d’accompagnement » (art. 6)
• Cette formation doit se dérouler sur des temps fractionnés respectant le principe de l’alternance
• Cette formation doit être en cohérence avec les contextes et les temporalités dans lesquels le professeur stagiaire exerce son activité professionnelle
• Cette formation doit s’inscrire dans un continuum de trois années et s’appuyer sur un référentiel de formation construit sur la base des quatre blocs de compétences.
• Cette formation doit prendre en compte la complexité du métier d’enseignant. Cela suppose de respecter la pluralité de statut des formateurs et celle des dispositifs de formation.

3- C’est pourquoi la CPU exige que figurent dans le futur arrêté :

• La référence à un 1/3 temps de service consacré à la formation des fonctionnaires stagiaires. En effet, ce 1/3 temps est la condition minimale d’une année de formation en alternance  de qualité et un gage d’équité entre les fonctionnaires stagiaires. Ce 1/3 temps doit être en outre distingué des actions de « tutorat » et des « autres formes d’accompagnement » mentionnées dans le projet.
• La référence à un cadrage national des actions et des modalités de formation et d’encadrement.
• La référence à l’ensemble des compétences indispensables à l’exercice du métier d’enseignant et défini dans le référentiel de formation en lieu et place d’une référence unique faite aux compétences professionnelles.

Enfin, la CPU déplore un projet d’arrêté en contradiction avec la circulaire du 25 février, en contradiction avec les principes énoncés dans le cahier des charges annexé au projet et en rupture avec les promesses et engagements réitérés par les ministres eux-mêmes sur l’exigence de qualité de cette année de stage.

 


Texte adopté à l’unanimité par l’assemblée plénière de la CPU avec une abstention

   

Vers une évolution des statuts « enseignants second degré » exerçant dans le supérieur



La Ministre a lancé une concertation sur le statut des PRAG et PRCE. Plusieurs points méritent en effet d’être discutés, sur lesquels la CPU va faire des propositions. De façon générale, il faut rappeler que les enseignants de statut second degré sont près de 14000 à exercer dans l’enseignement supérieur ; ce qui constitue sans doute un plafond à ne pas dépasser si l’on veut maintenir une proportion nettement majoritaire d’enseignants-chercheurs dans les universités, fondement de la relation entre production et diffusion des savoirs.

La concertation engagée doit porter sur les modalités de recrutement, qui doivent alors permettre l’examen d’une réelle insertion dans une équipe pédagogique et, quand les conditions sont réunies, dans une équipe de recherche. Elle doit surtout aborder les questions de carrière (promotions, préparation de thèse en vue d’entrer dans d’autres corps, modalités d’évaluation) et de conditions d’exercice (prise en compte réelle des différentes activités et responsabilités, par exemple).

La CPU va pleinement participer à ces discussions, dans un esprit d’ouverture et de responsabilité. Elle agira pour que les réunions programmées débouchent sur des modifications concrètes traduisant l’implication de ces enseignants dans le fonctionnement universitaire.