Universités : il faut sortir du confinement dès le mois de janvier

26 novembre 2020

Communiqués

Le Premier ministre a précisé pendant sa conférence de presse de ce jeudi 26 novembre 2020 souhaiter rencontrer la Conférence des Présidents d’université avec la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans les prochains jours pour travailler sur les conditions de réouverture des universités. La CPU répondra bien évidemment à cet appel : elle défendra le principe d’une réouverture maitrisée, progressive, dès le début du mois de janvier, et d’un accompagnement des étudiants, ces derniers étant en enseignement à distance depuis près d’un an, pour permettre une réouverture totale des établissements au début du deuxième semestre. Les modalités d’accueil doivent se prévoir dans la durée et être concertées dès à présent et non dans l’urgence. La CPU salue enfin l’annonce de création de 20 000 jobs étudiants en soutien aux étudiants décrocheurs, mesure qu’elle a fortement portée depuis plusieurs semaines.

Dans le prolongement de la déclaration du Président de la République, qui a suscité l’émoi de l’ensemble de la communauté universitaire, d’établissements membres de la CPU (Auref, Udice), d’organisations syndicales et de réseaux internes aux établissements, le Premier ministre vient d’annoncer une reprise possible des cours en présentiel de l’ensemble des étudiants dans les universités en février 2021.

Pour la Conférence des présidents d’université, c’est la perspective d’une réouverture totale des établissements au début du deuxième semestre qui est seule cohérente. Elle évite de changer les règles en cours en cette fin de premier semestre, et ce, précisément, alors que les universités entrent en période d’examens. Les étudiants, déjà fragilisés et inquiets, doivent pouvoir poursuivre leur travail et leurs révisions le plus sereinement possible.

L’autonomie des établissements doit être respectée : les modalités de reprise doivent être en accord avec les calendriers de chacun d’entre eux pour que le message aux étudiants soit clair. Cette souplesse est indispensable pour que le début du second semestre s’effectue dans les meilleures conditions.

De plus, pour que le début de deuxième semestre soit un succès, la CPU demande que la réouverture des établissements aux étudiants s’opère dès le début du mois de janvier et de manière progressive, en commençant par les étudiants les plus fragiles. Peuvent également être concernées les formations de Master à petits effectifs, dans des conditions sanitaires strictes. C’est une question de cohérence : il faut mettre un terme à la différence de traitement incompréhensible que le gouvernement a établie entre les élèves de BTS et de classes préparatoires aux grandes écoles dans les lycées, d’une part, et les étudiants à l’université, d’autre part. Le traitement différencié fait aux étudiants à l’université jusqu’à présent, injuste socialement, doit être corrigé. Il en va de même pour la rupture d’égalité entre les universités et les autres opérateurs pour la formation professionnelle et l’apprentissage.

Enfin, dès aujourd’hui, il faut consolider l’accompagnement des jeunes inscrits en première année. Il est indispensable de renforcer, dès le début du mois de janvier, l’accueil des étudiants de première année et d’étudiants fragiles, avec un investissement massif dans le tutorat. La CPU s’en est fait l’écho à plusieurs reprises : nombre d’études récentes nous alarment sur l’état de santé psychique des étudiants, en plus de la précarisation économique de beaucoup d’entre eux. Le plan national de lutte contre la désocialisation et le décrochage massif, qui nécessite des moyens dédiés, constitue une priorité. Certaines annonces du Premier ministre sont en cela de bonnes nouvelles : création de 20 000 jobs étudiants en soutien aux étudiants décrocheurs, doublement des aides d’urgence versées par les Crous, dispositif d’accompagnement spécifique pour la recherche d’un premier emploi. Les étudiants ont été privés de cours et d’enseignants en présentiel pendant presque un an : nous leur devons, collectivement, de les accompagner.