Covid-19 et Universités : agir aussi contre le décrochage

Le gouvernement a annoncé lundi 5 octobre que tous les établissements d’enseignement supérieur classés en zone d’alerte renforcée et en zone d’alerte maximale devaient réduire de moitié, dans les salles d’enseignement, le nombre d’étudiants accueillis dès le lendemain.

OUI les universités ont su faire face. Depuis le début de la crise sanitaire, dans les 74 universités françaises, se sont mises en place des formations à distance, grâce aux équipes pédagogiques et à l’ensemble des personnels, et cela dans des conditions d’urgence parfois acrobatiques. Nous avons pu mesurer plus encore à cette occasion l’importance du lien avec les étudiants, en particulier les plus fragiles. Pour la rentrée universitaire, les leçons tirées des premiers mois ont conduit les universités à préparer différents scénarios, adaptés aux conditions spécifiques des sites, aux spécificités pédagogiques de chaque formation. Elles mettent au cœur la préservation de la santé de leur communauté et le lien essentiel avec leurs étudiants. Cette approche pragmatique privilégie de façon responsable le présentiel et utilise à bon escient le distanciel, sachant par ailleurs que cela génère des coûts très élevés et relève d’une gestion complexe pour elles.

NON les universités ne sont pas des foyers de contamination comme aimeraient le laisser croire certaines photos d’amphis bondés -mais avec des étudiants masqués- sur les réseaux sociaux. Selon le bulletin hebdomadaire de Santé Publique France, publié le 1er octobre, sur 2 830 clusters, l’enseignement supérieur en compte 168 soit 5,9 %, bien moins que les entreprises privées et publiques (18,4 %) et les établissements de santé (10,6 %). Toutes les remontées « terrain » et les témoignages concordent : dans nos universités, la quasi-totalité des étudiants, adultes responsables, et des enseignants porte le masque et s’implique de façon engagée dans le respect des gestes barrière. S’il y a des cas déclarés par les universités, ce n’est pas à l’université que les étudiants se contaminent. A part dans les écoles et dans les universités, quels sont les lieux où l’on sensibilise la jeunesse aux gestes barrières, où se réalise cet apprentissage nécessaire ?

La CPU le réaffirme donc solennellement : le risque majeur aujourd’hui est avant tout de perdre le lien avec nos étudiants. C’est pourquoi, pour éviter un décrochage massif, nous portons unanimement une attention toute particulière aux primo-entrants à l’université, qui n’ont pas encore les codes du travail dans le supérieur, ainsi qu’aux étudiants qui pourraient être en situation de fracture numérique et de fragilité sociale.

Les pouvoirs publics entendent dans le cadre de cette crise préserver et la santé de la population et l’activité économique ; la CPU attire donc l’attention sur le cœur de cette activité, à savoir la formation de centaines de milliers de jeunes qualifiés : les étudiants d’aujourd’hui sont les forces vives de demain, dont le pays aura besoin pour se reconstruire. Il importe de les former, tous, et le mieux possible.

La CPU l’affirme. Oui, il faut mesurer les risques, mais TOUS les risques.

© Crédit photo : CPU – Université Bretagne Sud