«Une politique de site pour construire l’université de demain » : le point de vue de Khaled Bouabdallah

Le 9 novembre dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche organisait la première matinée consacrée à la politique de sites, trois ans après la loi relative à l’Enseignement supérieur et à la Recherche qui instituait les regroupements universitaires. Introduit par Thierry Mandon, secrétaire d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le séminaire était construit autour de deux grandes questions :

– « Faut-il une politique de site pour former la nouvelle génération ? » ;
– « Le site peut-il réconcilier proximité territoriale et visibilité internationale ? ».

Khaled Bouabdallah, président de l’Université de Lyon, vice-président de la CPU et président de la commission « Regroupements et ComUES » de la CPU, revient sur la valeur ajoutée de ces regroupements, tant au niveau de la réussite des étudiants, que de l’identité des universités ou encore du renforcement des liens avec l’international.

CPU : Les regroupements universitaires peuvent-ils œuvrer à l’amélioration des conditions de réussite des étudiants ?

Khaled Bouabdallah : Très certainement. A l’échelle des sites, les regroupements universitaires peuvent contribuer à cette amélioration à travers l’élaboration d’une stratégie commune, mais aussi à travers la mise en place d’actions où la mutualisation est bénéfique. Par ailleurs, la construction des schémas d’amélioration de la vie étudiante, en rassemblant tous les acteurs (étudiants, établissements, partenaires), témoigne de l’apport des regroupements. Les collectivités territoriales apprécient le fait que ces derniers soient l’interlocuteur de référence. Pour prendre un exemple concret, on peut citer la création d’un guichet unique d’accueil au sein de chaque regroupement, qui permet à la fois de de faciliter les procédures pour les étudiants et les chercheurs étrangers à leur arrivée en France, mais aussi d’améliorer la qualité de leur accueil.

Dans quelle mesure les regroupements peuvent-ils donner une identité aux universités à l’échelle du territoire ?

C’est un sujet complexe qui dépend fortement des situations locales et de la nature du regroupement.
Dans certains cas, le groupement préfigure une intégration poussée : l’identité nouvelle se construit alors progressivement à côté des identités existantes.
Dans d’autres cas, le groupement a une vocation plus confédérale et l’identité va se construire sur des objets particuliers et bien identifiés.
Au-delà de la question de l’identité, je pense que la vraie question est celle de l’appropriation par les étudiants et par les chercheurs : les étudiants se reconnaissent-ils dans le regroupement ? Comment les chercheurs signent-ils leurs publications ?
Enfin, l’identité s’apprécie par la reconnaissance et la visibilité internationale.

Comment la politique de site favorise-t-elle les liens à l’international ?

C’est à l’évidence un domaine dans lequel les regroupements peuvent avoir une valeur ajoutée importante. Construire une politique internationale de site rassemblant des établissements divers et donc pluridisciplinaires est un atout incontestable. Vu de l’étranger l’organisation de notre système d’enseignement supérieur et de recherche n’est pas très lisible. Ainsi le fait de se présenter uni au sein d’un regroupement est un élément de visibilité.
Il est également plus aisé à l’échelle du site de construire des stratégies internationales avec les collectivités territoriales et avec les entreprises.
Enfin, les regroupements peuvent constituer un véritable atout pour les implantations à l’étranger de bureaux, voire de campus.

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