Soutien à l’emploi des jeunes et à l’apprentissage : proroger le dispositif actuel sans en exclure certains jeunes

Les conférences représentatives des établissements d’enseignement supérieur et les principales organisations représentatives des entreprises de secteurs employant une part importante des jeunes diplômés du supérieur, alertent sur les difficultés persistantes qu’ont les jeunes à trouver un emploi ou un contrat d’apprentissage dans le contexte actuel.

Une étude sur l’insertion professionnelle des diplômés Bac+5, réalisée auprès de 750 jeunes par Syntec Conseil avec le concours de la société Episto, confirme en effet un net recul des embauches, du fait des difficultés et incertitudes auxquelles font face les entreprises : moins de 55 % des diplômés Bac+5 2020 avaient trouvé un emploi en fin d’année.

Au vu de ces éléments, toute modification après le 31 mars par le Gouvernement des conditions d’éligibilité au dispositif exceptionnel de soutien public à l’embauche des jeunes ou à l’apprentissage, avec par exemple un « resserrement » aux jeunes dont la rémunération est inférieure à 1,6 SMIC ou une exclusion des aides à l’apprentissage pour les formations de niveau master, aggraverait la situation déjà difficile de ces jeunes et constituerait une rupture d’égalité injuste et contre-productive. La crise n’a pas épargné les jeunes ayant suivi des formations supérieures longues, et pouvant prétendre à des rémunérations supérieures à 1,6 SMIC : ils ne devraient pas être pénalisés par le Gouvernement. La relance de notre économie nationale requiert la participation tous nos jeunes diplômés.  

Une focalisation des aides sur les plus faibles niveaux de rémunération accélèrera en outre, avec l’extension du télétravail, l’exode de ces jeunes diplômés du supérieur vers des pays voisins où les charges sociales sur ces niveaux de rémunération sont bien plus faibles, et où l’économie pourrait se rétablir plus rapidement qu’en France.

Pour ces raisons, la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs, la Conférence des grandes écoles, la Conférence des présidents d’université, Syntec Conseil, Syntec Numérique et Syntec Ingénierie demandent que le dispositif exceptionnel de soutien public à l’embauche et à l’apprentissage soit prorogé en l’état pour 6 mois après les 31 mars, pour tous les jeunes.