Solidarité avec les universitaires turcs

Le 20 juillet 2016, la Conférence des Présidents d’Université (CPU) a publié un communiqué dans lequel elle apportait son soutien plein et entier à la communauté universitaire turque, contre laquelle des attaques commençaient alors à s’intensifier. La suspension de milliers de personnels, enseignants, chercheurs et doyens des universités constituait alors une atteinte choquante et inacceptable aux libertés académiques des universités, aux valeurs humanistes de nos établissements. La CPU a alors lancé une pétition afin que s’exprime la solidarité universitaire. Forte de près de 2000 signatures, la pétition a été officiellement remise au vice-président de la commission européenne, Jyrki Katainen, le 15 septembre, lors d’une rencontre avec l’ensemble des présidents d’université français qui ont rappelé le rôle des universitaires, porteurs de valeurs liées à la production et la diffusion de connaissances, dans la construction européenne.

 

Le 18 novembre 2016, la CPU dénonçait à nouveau la dégradation continue des libertés académiques en Turquie, et renouvelait son soutien aux universitaires turcs à la suite de la publication d’un décret mettant fin à l’élection des recteurs (présidents) d’université par leur communauté afin de leur substituer des personnes nommées par le gouvernement.

La mainmise d’Ankara sur son appareil universitaire s’est, depuis, encore accentuée. Les pays d’Europe ont connu en 2017 de nombreuses demandes d’asile de la part d’universitaires turcs, et des dispositifs ont été mis en place, comme le programme PAUSE, ou se sont étendus via l’action d’associations comme Scholars at Risk ou Cara. Accueillir ces collègues relève de notre devoir, comme président-e-s, gardiens d’un maillon de la chaîne du savoir, comme enseignants-chercheurs et comme citoyens d’un pays où la libre expression et la liberté de la science sont une réalité.

 

Les enseignants Nuriye Gülmen et Semih Özakca, limogés fin 2016,  viennent d’être arrêtés, à leur 75ème jour de grève de la faim pour que leurs droits soient rétablis. Ils poursuivent actuellement  leur grève de la faim, en détention, dans des conditions inacceptables, et sont menacés par le procureur de 20 ans de prison. Devant cette situation dramatique, la Conférence des Présidents d’Université réaffirme son soutien à la communauté universitaire turque, et demande au nouveau gouvernement français, à notre Ministre Frédérique Vidal, au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, d’en appeler aux autorités turques  afin de mettre  fin à cette situation.