Réseau des VP vie étudiante : "Partir des réalités de terrain, et y apporter des réponses collectives"

2 octobre 2020

CPU Infos

Les contours du réseau des vice-présidents vie universitaire, vie de campus et vie étudiante sont dessinés ! Le 1er juillet dernier, le Bureau se constituait autour de ses deux coordonnateurs : Laurence Canteri, Vice-présidente du Conseil de la vie universitaire de l’Université de Lorraine et Raphael Costambeys-Kempczynski, Délégué général de l’Alliance Sorbonne Paris Cité. Pour eux, le partage de pratiques inspirantes au sein du réseau et l’importance de porter une voix collective auprès des décideurs doivent guider son action. Dans ce regard croisé accordé au site de la CPU, ils reviennent sur les missions du réseau et les pistes d’action pour mieux prendre en compte les problématiques de vie étudiante. Ils mettent en lumière les enseignements tirés de la crise sanitaire : si celle-ci a révélé des fractures importantes entre étudiants, elle a aussi été l’occasion, pour les services de vie étudiante des universités, de mettre en place « de très belles initiatives sportives et culturelles » qui pourront être pérennisées. 

CPU : Présentez-nous le rôle et les missions du nouveau réseau des vice-présidents vie universitaire, vie de campus et vie étudiante.

Laurence Canteri : Le Réseau a été créé en octobre 2018, mais il s’est véritablement structuré lors de notre premier séminaire du 1er juillet dernier au cours duquel il a été décidé de la constitution du Bureau. Raphaël et moi-même en sommes les deux coordonnateurs. 

Raphael Costambeys-Kempczynski : Notre réseau a une double mission :

  • – Un accompagnement de pair à pair : grâce à une solidarité entre tous les acteurs politiques de la vie universitaire et de la vie étudiante, le réseau permettra l’échange de bonnes pratiques, mais aussi parfois, hélas, d’inquiétudes ! 
  • – Il s’agit aussi de porter la voix collective des acteurs politiques dans le domaine de la vie étudiante et de la vie universitaire. Nous travaillerons sur les sujets qui relèvent de notre périmètre, avec en ligne de mire un rôle de conseil auprès de nos partenaires et de nos tutelles. 

L C : Avoir un espace d’échanges consacré à ces questions était devenu une nécessité. Nous voulons partager des pratiques très concrètes, inspirantes pour tous !

Notons que les vice-présidents du réseau n’ont pas tous les mêmes missions : certains ont en charge la culture ; d’autres la vie étudiante ; d’autres encore la vie de campus. Il arrive aussi que plusieurs vice-présidents soient en charge de missions relevant du périmètre de la vie universitaire, étudiante et de campus dans un même établissement. Toutes ces missions sont intimement liées : c’est pourquoi elles sont toutes représentées au sein de notre réseau. 

R C : Notre Bureau accueille aussi un collègue du Bureau du réseau Formation. Le logement, la restauration, la santé des étudiants, la socialisation sont des conditions qui contribuent à la réussite académique de tous les étudiants, qui elle, relève naturellement du domaine de la formation. C’est un continuum. 

La crise sanitaire que nous avons traversée a-t-elle permis de tirer quelques enseignements relatifs à la vie étudiante et de campus ? Cette crise a-t-elle renforcé la nécessité de la constitution d’un tel réseau ?

L C : Bien entendu. Nous avons dû nous adapter dans l’urgence, et nous avons mis en place, au sein des universités, de très belles initiatives sportives et culturelles. Le lien avec les étudiants a été maintenu. Cela nous a donné aussi l’occasion de découvrir de nouvelles pratiques, qui pourront être réitérées en cette rentrée chahutée. Nous continuerons de mettre en ligne des outils pour répondre aux demandes de ceux qui suivront les cours à distance. Face à l’incertitude des mois à venir, nous sommes prêts !

R C : Une nouvelle normalité relative à la vie sur les campus est à inventer. Pour ce faire, la co-construction avec les représentants étudiants et les associations étudiantes est indispensable pour créer ensemble une autre voie de socialisation. 

Quels problèmes relatifs à la vie étudiante la crise a-t-elle révélé ? 

R C : La crise a mis au jour de manière criante la fracture sociale et numérique, qui vont souvent ensemble. Certains étudiants ne disposent pas de matériel informatique ; la couverture du réseau est déficiente dans beaucoup de territoires. Et puis, les études montrent que les étudiants dans leur ensemble ont accès à Internet, via leur smartphone, et de moins en moins via des ordinateurs : une vraie difficulté quand on doit suivre un cours à distance, ou écrire une dissertation ! 

L C : J’ajouterais aussi les problématiques liées au logement, à la santé, et à la précarité étudiante dans son ensemble. 

Quel est votre programme d’action pour l’année à venir ?

L C : En cette rentrée 2020, le réseau met en place deux groupes de travail : l’un portant sur « la santé mentale et le bien-être » ; l’autre sur la « valorisation et l’engagement étudiant deuxième génération ». 

R C : Nous partirons des réalités de terrain, et tâcherons d’y apporter des réponses collectives. Nous prenons l’engagement d’émettre des pistes concrètes et de produire des objets utiles à l’ensemble de nos collègues.

L C : Nous entendons aussi nous faire connaître en tant que réseau. Pour ce faire, nous co-travaillerons avec l’ensemble des acteurs nationaux (logement, restauration, transport, etc.). Et nous allons participer de manière plus officielle à la commission de la vie étudiante et de la vie de campus de la CPU !

Et puis, n’oublions pas notre fil rouge : la contribution vie étudiante et de campus (CVEC) et les moyens qu’elle alloue aux universités sur les questions de vie de campus. La CVEC existe depuis deux ans. Notre réseau réfléchira à la façon d’utiliser au mieux ces moyens pour mener des projets d’ampleur pour la vie de campus, en les conjuguant peut-être avec les moyens en provenance des partenaires et des collectivités. 

R C : Je suis, comme Laurence, très sensible à cette possibilité d’imaginer des projets de grande ampleur, car nous avons aujourd’hui des moyens qui nous le permettent. 

Si la situation actuelle est bien entendu malheureuse, cette crise nous aura cependant permis de prendre en compte les sujets de la vie étudiante dans leur ensemble (précarité, socialisation), et d’imaginer de nouvelles dynamiques.

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