Profession : médecin à l’Université de Tours

10 décembre 2019

CPU Infos

Près de 10 000 consultations, 612 vaccinations, 560 étudiants en situation de handicap reçus. Face aux demandes croissantes des étudiants, Emilie Arnault, médecin-directrice du Service de santé universitaire de Tours et son équipe, œuvrent pour donner une réponse adaptée à chacun. Devenu centre de santé en 2018, le SSU est un lieu où l’on peut se soigner, obtenir des conseils personnalisés, ou être accompagné dans ses études en cas de situation de handicap. En nous ouvrant les portes du SSU, Emilie Arnault nous fait entrer dans un univers où soin et bien-être des étudiants sont les priorités de ceux qui y travaillent.

Professionnalisme et humanité au service de la santé étudiante

Le Service de santé universitaire de l’Université de Tours se situe au Plat d’Etain, au sud du centre-ville, non loin de la faculté de médecine. Au sein d’anciennes casernes réhabilitées, se concentre l’ensemble des services dédiés aux étudiants : bureau de la vie étudiante, maison de l’orientation et de l’insertion professionnelle, service de formation continue, direction des relations internationales, direction des personnels et des services financiers, CLOUS, présidence de l’Université et bien sûr, service de santé universitaire : « Nous ne sommes pas situés sur un site d’étude, ce qui finalement est une force. Aller consulter alors que ses amis sont à côté peut être freinant, d’autant plus lorsqu’il s’agit de problématiques psychologiques. Ici, la confidentialité est respectée », explique Emilie Arnault, médecin-directrice du service.

Le SSU de Tours se concentre sur deux étages. On y trouve des cabinets de consultation spacieux et bien équipés, des pièces confortables pour les rendez-vous avec les psychologues, des bureaux et une salle d’attente.

Un « rôle d’aiguillage pour un âge charnière »

Emilie Arnault travaille depuis cinq ans au SSU de Tours. Médecin en santé publique, elle y fait un an de stage pendant son internat, en se spécialisant dans la prévention et la promotion de la santé. « Ce qui me plaisait, c’était la possibilité d’avoir à la fois une approche populationnelle et une approche individuelle, avec une prise en charge transversale et globale. […] Les problématiques étudiantes sont passionnantes. Ils sont dans un âge charnière, et pour les accompagner au mieux vers l’autonomisation, nous avons un travail d’aiguillage. C’est un univers très riche, très diversifié. Et nous devons nous adapter aux besoins des nombreux étudiants étrangers qui viennent nous voir. »

Une organisation au plus près des problématiques étudiantes

En 2018, le centre de médecine préventive de l’Université de Tours devient Centre de santé universitaire : cela implique qu’en plus du volet prévention, il propose aussi des consultations curatives en médecine générale, psychiatrie, gynécologie et des soins infirmiers. C’est « une façon, notamment, de mieux repérer les étudiants « en risque extrême ». Les différents professionnels peuvent ainsi leur apporter un accompagnement social, médical et psychologique, mais aussi les orienter vers les aides existantes, peu sollicitées », indique Philippe Vendrix, président de l’Université.

« L’équipe, pluridisciplinaire, est composée de 30 personnes. Un médecin est dédié aux consultations de tabacologie, deux au handicap, trois à la médecine générale, deux à la gynécologie, trois à la psychiatrie. « Nous avons aussi six infirmiers, une orthophoniste, deux psychologues, deux assistantes sociales, une conseillère familiale, un dentiste, une diététicienne, un coordinateur des étudiants relais santé et deux personnes qui accompagnent les étudiants handicapés dans leur scolarité ». 

Les demandes principales concernent des difficultés liées au mal-être. « Les situations sont variées, souvent complexes. Et nous sommes régulièrement sollicités directement par les composantes ». Mais, les demandes de consultations en médecine générale, et en gynécologie en particulier, sont tout aussi importantes. « Pour les honorer toutes, nous avons un partenariat avec Résus, un réseau de médecins de ville. Les deux systèmes cohabitent et offrent des solutions agiles et adaptées au caractère multisites de notre université. » 

La problématique handicap occupe aussi une grande place : « c’est une activité en augmentation. Nous sommes confrontés à des handicaps plus lourds, plus difficilement identifiables », indique Emilie Arnault.

Médecin-directrice : travailler avec toutes les composantes de l’Université

Les journées d’Emilie Arnault ne sont jamais les mêmes. Pour que les projets de son service aboutissent, elle doit mener ses actions en étroit partenariat avec les autres services de l’Université : la culture, le sport, les relations internationales, l’insertion professionnelle, particulièrement celle des étudiants handicapés.…

Un grand nombre d’actions de communication et de prévention sont menées tout au long de l’année : soirées bien-être au cours desquelles des techniques de relaxation sont enseignées aux étudiants, une sensibilisation au repérage du mal-être, des ateliers « détente à la BU », des ciné-débats sur le thème des addictions conduits par les psychologues du service, la publication d’un livret de recettes adaptées à la population étudiante, la création d’un Guide Pour Soirées dans le cadre de la réduction des risques en soirées festives, des actions autour du consentement… « Et nous relayons les campagnes d’information nationales, comme celle sur le mois sans tabac ou la semaine de la vaccination ».

« Par ailleurs, un travail est mené avec les étudiants relais santé, qui nous aident à proposer des actions au plus près des besoins de leurs pairs ».

« J’ai beaucoup de réunions avec les autres instances de l’Université car les sujets sont transversaux et impliquent leur participation. […] L’une de mes missions est aussi d’aller chercher des partenaires extérieurs, comme l’Agence régionale de santé (ARS) ou la métropole car nous avons besoin de moyens financiers. »

Des souhaits pour 2020 ?

Emilie Arnault en a quelques-uns. En devenant un centre de santé, le SSU de Tours a été amené à recruter nombre de médecins, infirmiers et personnels de santé. « On a beaucoup étoffé l’équipe. Si on veut répondre aux demandes étudiantes qui ne cessent d’augmenter, il va falloir penser à agrandir nos locaux ». […] « J’aimerais aussi développer le service de l’antenne de Blois, car pour le moment, seule une infirmière y est présente. »

Devant l’enthousiasme de la directrice, le professionnalisme de l’équipe et l’attention portée par la présidence à ces problématiques, il est fort à parier que ces souhaits deviendront réalité.

 

Zoom sur la médecine préventive

 

Première mission du SSU de Tours, la prévention permet d’aborder, en individuel et/ou en collectif, les déterminants de la santé que sont l’alimentation, l’activité physique, les conduites à risques, etc. Un axe fort également est celui de l’accompagnement du handicap. Ainsi, au Service de Santé de Tours, des médecins sont spécialisés dans ce domaine. « Nous recevons beaucoup d’étudiants dyslexiques, qui ont besoin de plus de temps pour leur examen ou de correcteur orthographique », indique un médecin du SSU. « Après consultation, le médecin prend sa décision qu’il soumet à la directrice. La demande est ensuite envoyée à l’UFR concerné pour permettre la mise en place de l’aménagement des conditions d’examen. S’il n’y a pas à proprement parler de remise en cause de la prescription médicale, l’UFR rencontre quelquefois des difficultés techniques à la mettre en place. Nous devons trouver des compromis ». A noter : les types de handicap et l’intensité des problématiques rencontrées évoluent, avec une forte augmentation récemment des troubles psychiques et des troubles moteurs.

Lire l’article Etudiants en situation de handicap à l’Université : un accompagnement et des dispositifs toujours plus adaptés, sur ce site

Consultez le guide de l’accompagnement de l’étudiant handicapé à l’Université réalisé par la CPU

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