Premiers Résultats du Bac 2020 : à situation exceptionnelle, réponses exceptionnelles

La Conférence des présidents d’université (CPU) félicite les premiers lauréats de cette session 2020 du Baccalauréat, premier diplôme de l’enseignement supérieur, dont les résultats ont été annoncés ce mardi 7 juillet.

Il y aura cette année au moins 657 000 bacheliers, soit près de 100 000 de plus que l’an passé avant rattrapage. Jamais de tels chiffres n’avaient été atteints. Ce taux de réussite et le volume de futurs étudiants qu’il implique est un défi pour l’ensemble du système français d’enseignement supérieur, public, privé, sélectif et non sélectif, en formation initiale classique ou en apprentissage, porté par les universités, les écoles, les lycées avec les classes préparatoires et les BTS, pour s’en tenir aux formations relevant exclusivement du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ; mais celles dépendant d’autres ministères sont aussi sollicitées : chacun, sans exception, devra prendre sa part.

Face à cet afflux d’étudiants et face aux inquiétudes liées à l’insertion professionnelle des jeunes, la CPU alerte l’ensemble du gouvernement sur l’extrême urgence de la situation et la nécessité impérieuse d’un effort de tous, pour pouvoir accueillir un maximum d’étudiants à tous les niveaux dans les formations des établissements d’enseignement supérieur. On ne règlera pas cette situation au niveau académique : une prise de conscience au sommet de l’Etat et une réunion d’urgence, sous l’égide du Premier ministre, avec tous les acteurs concernés, s’imposent.

Les universités sont prêtes à occuper la place qui est la leur dans cette situation particulière mais notre système, dans son ensemble, n’est pas prêt à accueillir cet afflux soudain de nouveaux étudiants. Face à un sous financement chronique et historique de l’enseignement supérieur, la CPU alerte constamment sur les conséquences de la diminution, depuis 10 ans, de la dépense par étudiant, particulièrement à l’université, tandis que cette dépense a constamment augmenté dans les autres pays de l’OCDE [1]. Cette année nous allons plus encore en payer le prix.

La préparation de la rentrée 2020, déjà rendue complexe par la crise sanitaire, pose donc des questions cruciales de moyens humains, financiers, mais également de capacités bâtimentaires d’accueil, de volumes d’équipements, de logements des étudiants, de suivi médical… Et la numérisation ou l’hybridation des formations, particulièrement consommatrices de ressources humaines et financières, ne pourront constituer une juste réponse.

Une mobilisation générale s’impose : la Nation doit permettre à chacun de trouver la formation répondant à son projet personnel, car, dans le contexte économique engendré par la crise sanitaire, aucun de ces futurs étudiants ne peut être laissé au bord du chemin.

[1] Note d’information n°19.38 – octobre 2019 – DIRECTION DE L’ÉVALUATION, DE LA PROSPECTIVE ET DE LA PERFORMANCE – https://www.education.gouv.fr/157-milliards-d-euros-consacres-l-education-en-2018-67-du-pib-5519 « le coût par étudiant, après une hausse de 2008 à 2009 (+ 2,9 %), suit une tendance à la baisse à partir de 2010 (- 0,8 % en moyenne annuelle). Il est estimé à 11 470 euros en 2018, son plus bas niveau depuis 2008. Les coûts moyens par étudiant diffèrent selon les filières de formation. Ils varient, en 2018, de 10 120 euros par an pour un étudiant d’université à 14 180 euros pour un étudiant de STS et 15 890 euros pour un élève de CPGE ».

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