Parution du livre de Jean-Marc Monteil : « l’Université a besoin d’être soutenue, avec exigence, mais sans réserve ni atermoiements »

Après trente ans de responsabilités dans le monde universitaire, Jean-Marc Monteil, qui fut notamment premier vice-président de la CPU de 1996 à 1997, prend la plume pour mettre en lumière le lien indéfectible qui unit l’Université et la Recherche. Son ouvrage « Université et recherche : les enjeux de l’autonomie – Les sentiers d’un témoin engagé » est paru le 17 septembre aux Presses universitaires de Grenoble. 

Jean-Marc Monteil y décrit, par de courtes incursions, l’envers du décor des trente dernières années : la marche de l’Université dans la quête de son autonomie. À la lumière de son expérience, il s’attache à souligner la liberté et la responsabilité de l’Université pour relever les défis scientifiques, économiques et sociaux de nos sociétés et accéder aux premiers rangs mondiaux. 

Dans cette interview accordée au site de la CPU, il nous donne quelques clés de lecture… 

CPU : Quel est le fil rouge de votre livre ?

Jean-Marc Monteil : L’ouvrage met en avant le lien essentiel qui unit l’Université et la Recherche, ainsi que l’importance de la diffusion des savoirs pour construire des repères utiles à tous, quels que soient son lieu et sa culture d’appartenance. Le lien entre l’Université et la Recherche est toujours en construction au sein de l’Université française, mais il ne date pas d’hier… Le livre revient sur cette quête en mettant en lumière les obstacles rencontrés et les réussites accomplies. Les enjeux institutionnels, les marquages politiques, les compétitions trop locales ont souvent limité la capacité de l’Université à construire une autonomie pleinement efficace pour l’intérêt général. Néanmoins, l’Université parvient, sur le temps long, à étendre son périmètre d’expression national et international. Cela doit nous conforter dans notre soutien déterminé à l’Institution.

A qui s’adresse-t-il ?

Ce livre s’adresse aux universitaires, aux responsables publics et plus largement à ceux qui entretiennent avec l’Université et la recherche une relation privilégiée. C’est aussi, par sa fréquentation des chemins de traverse, un livre qui offre un regard sur des séquences qui montrent des moments de petite histoire contemporaine au service d’enjeux supérieurs. De ce point de vue, les étudiants, qui sont le socle de l’Université, pourraient y puiser des éléments de réflexion. Mais, fruit d’une expérience propre, ce livre n’a pas l’ambition d’être une référence de lecture sur l’Université et la Recherche.

Après l’écriture de cet ouvrage, quel regard portez-vous sur l’Université d’aujourd’hui ?

L’Université d’aujourd’hui doit poursuivre son évolution : elle doit s’ouvrir toujours plus à l’international, renforcer ses liens avec son territoire et adosser d’avantage la formation à la recherche ; surtout aujourd’hui, où croyances et savoirs tendent, hélas, à se confondre ! L’Université a besoin d’être soutenue, certes avec exigence, mais sans réserve ni atermoiements.