Nomination des recteurs : La CPU réservée

La Conférence des présidents d’université a appris par la presse l’existence d’un projet de décret portant à quarante pour cent la proportion de non-universitaires susceptibles d’être nommés rectrices ou recteurs d’académie, chanceliers des universités. Par-là serait accentué un processus déjà engagé au cours du précédent quinquennat.

Si la Conférence des présidents d’université n’entend pas interférer sur le pouvoir de nomination du gouvernement, elle déplore une telle perspective. Cette disposition contredirait en effet la politique affichée de valorisation du doctorat et ne contribuerait pas à la diversification de la haute fonction publique affirmée par ailleurs.

Cette orientation interpelle également la Conférence des présidents d’université concernant le dialogue entre l’Etat et ses universités, dont il est envisagé qu’il puisse être formalisé sous la forme d’un dialogue de gestion conduit par des rectrices et des recteurs, vice-chanceliers des universités. Tout dialogue entre l’Etat et les universités doit être mené avec des interlocuteurs parfaitement au fait des questions universitaires, de leurs enjeux, à l’échelle nationale et internationale, en matière de formation universitaire mais aussi de recherche et d’innovation. L’exigence de cette connaissance lors du choix des rectrices et de recteurs est le gage d’un dialogue efficace entre les universités et leur tutelle, sans laquelle il ne peut y avoir de modernisation réussie de l’État.