Médiation scientifique : une nouvelle façon de parler de sciences

2 juin 2016

CPU Infos

C’était une première : en amont de la finale nationale du concours « Ma thèse en 180 secondes », le 31 mai dernier, la CPU et le CNRS ont organisé le forum des Nouvelles initiatives en médiation scientifique (Nims), au Palais de la Bourse de Bordeaux. Avec plus de deux cent participants, l’événement a rencontré un vif succès.

Chercheurs, doctorants, étudiants, services de médiation et de communication du monde de la recherche : ils étaient venus parler des nouveaux modes de narration de la médiation scientifique et des pratiques innovantes que l’on voit fleurir depuis quelques années. « Aujourd’hui, on observe un désir accru du grand public de comprendre les enjeux scientifiques, et les chercheurs prennent de plus en plus conscience de l’importance de la médiation scientifique », affirme Valérie Génebès, responsable du Master de médiations des sciences à l’Université Bordeaux Montaigne.

Une recherche incarnée

Diversité de formats, diversité de tons : aujourd’hui, les chercheurs et scientifiques regorgent d’idées pour expliquer leur recherche au grand public : vidéos sur Youtube, programmes télévisés, relai sur les réseaux sociaux, bandes dessinées, spectacles et mises en scène.
Et les chercheurs sont les meilleurs ambassadeurs de leur recherche. « Ca a été une journée extraordinaire car chacun des chercheurs a su replacer la médiation scientifique dans une approche d’intérêt général. Ouverts et à disponibles, ils ont proposé une recherche incarnée », indique Valérie Génebès.

Une science à portée de tous

Destinée au grand public, la médiation scientifique est un moyen d’ouvrir la science sur la société, d’intéresser les jeunes et pourquoi pas de susciter des vocations. « A travers mes vidéos, je veux amener les gens à s’intéresser à des choses auxquelles ils ne se seraient pas intéressés naturellement », indique Léo Grasset, auteur de la chaîne youtube « Dirty Biology ». « Pour ce faire, j’aborde les faits scientifiques à travers des petites histoires, des anecdotes. »
Droupix, doctorant en neuroscience à la Faculté de médecine de l’université de Caen Normandie a, quant à lui, la volonté « de déconstruire l’image des chercheurs, de rapprocher ces deniers du grand public et de montrer que tout le monde est capable de comprendre les avancées de la science ».

Le temps court, un défi pour expliquer la science

Quel que soit le support, le fond est toujours scientifique et sérieux. Mais la forme, elle, est ludique, quelquefois décalée, et surtout marqué par la brièveté.

Comment concilier temps court et rigueur scientifique ? « On ne le peut pas », déclare Olivier Laügt, ancien responsable du master « Médiations des sciences » de Bordeaux. « Le format court permet juste d’éveiller la passion ». Et Bernard Alaux, directeur de Cap sciences, d’ajouter « le temps court est le temps qui donne envie, celui de la relation. C’est une porte qui s’ouvre».

Un besoin croissant de médiation scientifique

Aujourd’hui, on observe au sein de la société un besoin accru en médiation scientifique. A titre d’exemple, on peut citer le récent sondage réalisé par Ipsos « les Français et les sciences participatives » qui affirme qu’aujourd’hui, 75% des français estiment que la science apporte de solutions aux problèmes d’aujourd’hui. « Il y a une curiosité, une envie, un goût, chez le grand public », souligne Anne Lasserre, chargée de médiation scientifique à Poitiers.

« Ma thèse en 180 secondes » : exemple vivant de la médiation scientifique

Le soir du 31 mai, la finale de « Ma thèse en 180 secondes » est venue couronner la journée de médiation scientifique. La grande salle du Palais de la Bourse était comble pour écouter les seize doctorants finalistes. « Je trouve ce projet enthousiasmant car tout sujet de recherche peut être rendu passionnant », affirme Olivier Laügt.
« MT 180, c’est une photographie heureuse de la recherche », indique Valérie Génebès.

Télécharger le programme complet du forum des Nims

Regarder les vidéos de la journée de Nims

Regarder les vidéos des trois lauréats de MT180

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