Louvain-La-Neuve : une ville dédiée aux étudiants

C’est une ville qui respire la vie étudiante. Construite dans les années soixante-dix en Wallonie, aux creux de vastes étendues de champs et de bois, cette ville-campagne offre aux étudiants un cadre de vie hors-norme. Ici, tout est mis en œuvre pour assurer aux étudiants un environnement propice à leur réussite. Les Kots à projet sont un exemple de regroupement étudiant autour d’un projet commun.

Le 24 et 25 mars dernier, la CPU et l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV) organisaient un voyage d’étude, avec le soutien de la Caisse des Dépôts. L’objectif : observer le dynamisme de cette université, à travers notamment ce mode de collocation unique au monde, et échanger des bonnes pratiques.

A Louvain-la Neuve, logement rime avec engagement. Nés au moment de la création de l’Université Catholique de Louvain, à Louvain-la-Neuve, les kots à projet sont une habitation communautaire, gérée par le Service des logements, qui rassemble une dizaine d’étudiants menant un projet commun pendant au moins un an. Il s’agit d’éveiller le sentiment de citoyenneté chez les étudiants et de veiller à leur épanouissement personnel et social. Les 800 « kapistes », ces étudiants rassemblés autour d’un kot à projet, participent à l’animation de l’Université catholique de Louvain.
Aujourd’hui, on compte 79 kots à projet répartis sur l’ensemble de la ville. Au cœur d’une maison individuelle, entre 6 et 12 étudiants, toutes disciplines confondues, cohabitent pendant un ou deux ans, voire plus, pour mener à bien un projet.
Chacun possède sa chambre et son cabinet de toilette. C’est la salle commune qui permet les réflexions, les réunions, et les préparations d’événements en relation avec le projet. Les thèmes sont variés – développement durable, sport, humanitaire, social, musique, arts et culture, langues – et évoluent en fonction des intérêts des étudiants.

Des projets divers et tournés vers la société

Les kots à projet sont caractérisés par une très grande diversité de thèmes.
“Kap Hot”, par exemple, a pour mission de sensibiliser les étudiants aux maladies sexuellement transmissibles et de créer le lien entre vie sexuelle et vie affective à travers différentes activités (tables de discussion, spectacle d’improvisation, conférences…) « On se sent utile. Même si nous disposons d’une grande autonomie, au niveau des évènements que nous organisons et dans la gestion de notre budget, nous sommes soutenus tout au long de l’année par l’Université. Chaque nouveau « kapiste » est ainsi formé lorsqu’il intègre le projet. Même si celui-ci nous prend beaucoup d’énergie, il n’empiète pas sur nos études qui restent premières », indique une étudiante investie dans « Kap Hot ».

Certains projets s’adressent aux étudiants, mais aussi à l’ensemble des habitants de Louvain-la-Neuve. C’est le cas du Théâtre Universitaire de Louvain (TUL) qui organise chaque année le festival « Universatil » pendant quatre semaines. Du recrutement des comédiens à la programmation des concerts ou encore la promotion d’événements, les huit membres du projet contribuent, pour beaucoup, à l’animation de la ville étudiante. « Notre volonté est de rendre le théâtre accessible à tous, y compris aux habitants de Louvain-la-Neuve », affirme une étudiante.
L’ouverture vers l’extérieur est aussi le leitmotiv de « Kap Quart », ce kot à projet qui entend créer des relations avec des personnes vivant dans la précarité à Louvain-la-Neuve. Organisation d’un centre de jour pour les sans-abris, participation aux Universités Populaires d’ATD Quart-monde et cours de rattrapage à destination des jeunes du secondaire scolarisés sur le territoire : tels sont les trois actions de ce kot à projet. « Ici à Louvain-La-Neuve, nous vivons dans un cocon. On ne se rend pas forcément compte de la précarité qui règne à l’extérieur. Ce kot nous permet de nous ouvrir vers le monde et d’aider à notre mesure », explique  Flore, qui prend part au projet depuis deux ans.

Une foire aux kots en plein cœur de la ville

Comme chaque année à la même époque, la « foire aux kots » s’est déroulée le 25 mars dernier. Sur la place centrale de la ville, chacun des 79 kots tenait ainsi un stand. Entre la musique, l’organisation d’un match de Beach volley, et le bar en plein air, l’ambiance était au rendez-vous.
L’objectif de cet après-midi : faire connaître ses activités, se retrouver entre kots à projets, et surtout  « recruter » les futurs « kapistes » de l’année prochaine. Sur ce point, on est rassuré : depuis quarante ans, le succès de ce mode de colocation ne se dément pas. Bien au contraire…

Photo : stand de Kot-é-Clown, lors de la foire aux kots, le 25 mars 2015

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