Lettre aux présidentes et présidents d'université

Chères et chers collègues,

La semaine dernière, j’ai été amené à m’exprimer régulièrement, en votre nom, dans les médias au sujet des blocages affectant plusieurs sites universitaires. J’espère que vous vous êtes retrouvés dans mes expressions publiques et dans la détermination de ne pas laisser les seuls opposants communiquer et très souvent propager des contre-vérités sur cette réforme que nous soutenons.

Nous devons réaffirmer que cette réforme n’est pas une réforme de la sélection mais bien une réforme de l’orientation et de la réussite pour tous les étudiants et toutes les étudiantes. Tous les bacheliers doivent pouvoir accéder à l’enseignement supérieur. Nous y sommes collectivement attachés et c’est bien dans ce sens que nous œuvrons.

Rappelons aussi qu’abroger la loi, ce serait de fait revenir à un tirage au sort que tout le monde condamne et renoncer aux parcours d’accompagnement « oui si », ainsi qu’à l’augmentation de nos moyens pour améliorer la vie étudiante. Nul ne peut le souhaiter !

Dans le même temps, alertons sur les moyens actuellement prévus qui nous semblent toujours insuffisants pour permettre à la fois un déploiement d’ampleur de la réforme et l’accueil des toujours plus nombreux néo-bacheliers. Pour que cette réforme soit une réussite et que l’on puisse accueillir tous les bacheliers qui veulent venir à l’Université, il faut y mettre les moyens !

Enfin, chaque fois que ce sera possible, travaillons à trouver collectivement des solutions pour simplifier le travail de nos collègues qui sont confrontés, comme nous, à l’appropriation dans un temps extrêmement court d’une réforme complexe à mette en œuvre. Parcoursup n’est qu’un outil qui peut être amélioré, ce n’est pas la loi !

Mais rappelons aussi à nos collègues que l’étude du parcours antérieur de l’élève et un accompagnement adapté en première année sont potentiellement des outils très efficaces pour réduire les inégalités sociales à l’entrée de l’enseignement supérieur et donner les meilleures chances de réussite à tous. L’échec en licence ne fait qu’amplifier les inégalités.

Je tiens à réaffirmer tout mon soutien aux présidentes et présidents dont les sites sont actuellement occupés et à ceux qui font tout leur possible pour que ce ne soit pas le cas. Je mesure combien il est difficile de gérer les situations exceptionnelles auxquelles vous êtes confrontés et qui sont de surcroît trop souvent polluées par des éléments extérieurs à nos communautés.

Enfin, nos équipes présidentielles subissent depuis plusieurs semaines des attaques personnelles, que ce soit via les dégradations de locaux ou sur les réseaux sociaux. Ces agissements sont inadmissibles et doivent être condamnés.

Vous avez tout mon soutien.

L’Université est aujourd’hui un lieu d’acquisition de savoirs, de réussite et un vecteur d’insertion professionnelle pour plus d’1,6 million d’étudiantes et étudiants qui sont souvent les plus fragiles. C’est une mission noble à laquelle nous sommes et resterons attachés. Ne laissons pas certains gâcher l’image de nos belles universités. Faisons-nous entendre !

 

Gilles Roussel

Président de la Conférence des présidents d’université

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