La StraNEs doit être accompagnée de moyens à la hauteur de ses ambitions

Le bureau de la Conférence des Présidents d’Université, invité à la présentation au Président de la République de la Stratégie Nationale d’Enseignement Supérieur (StraNEs), salue les propositions qui y sont formulées et félicite les rédacteurs du rapport, Bertrand Monthubert et Sophie Béjean pour ce travail important. La CPU, ses différentes commissions et son conseil d’administration, ont fait partie des contributeurs à cette réflexion et partagent ses principales recommandations.

Mener 60 % d’une classe d’âge à un niveau supérieur, et délivrer 20 000 doctorats chaque année n’est pas une ambition : c’est une obligation si l’on souhaite investir contre la crise et maintenir la France parmi les nations qui comptent. Accompagner ces mesures de l’augmentation du nombre de boursiers dans l’enseignement supérieur et d’une véritable transformation pédagogique est indispensable si l’on souhaite, comme le préconisent les auteurs de la StraNEs, réduire les déterminismes sociaux et poursuivre la démocratisation de notre système post-bac. Il est par ailleurs indéniablement indispensable de prendre les mesures nécessaires pour faire de la formation tout au long de la vie autre chose qu’un slogan, et des universités le lieu où, véritablement, chacun pourra, à tout âge, venir acquérir un complément de formation professionnelle ou intellectuelle et de nouvelles compétences.

A l’occasion de la présentation de ce rapport, la CPU a commenté aux Ministres et au Président de la République les résultats de l’enquête menée par le cabinet Biggar pour la LERU (http://www.leru.org/files/publications/LERU_Economic_Contribution_-_Report.pdf ), et insisté sur le fait qu’un investissement d’un euro dans l’enseignement supérieur et la recherche générait 4 euros de retombées économiques.

Les rédacteurs du document prônent pour notre pays – et ils ont raison – un véritable changement culturel. Nous y sommes prêts et appelons également de nos vœux cette « société apprenante ». Mais ce changement culturel ne pourra se faire sans se donner les moyens de ces ambitions. Les auteurs du rapport recommandent de porter à 2 % du PIB l’investissement en matière d’enseignement supérieur, et à 3 % celui en matière de recherche, ce qui ferait passer la France du « bon » côté de la moyenne des pays de l’OCDE, sans toutefois atteindre le peloton de tête.

La question du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche reste malheureusement posée. En 2015 les universités et écoles ont connu une baisse historique de leurs moyens à hauteur de 100 millions d’euros, prélevés sur les fonds de roulement de certains d’entre eux. En 2016, les premières prévisions budgétaires laissent entrevoir une baisse supplémentaire de 300 millions d’euros. Dans ces conditions, et même avec les meilleures intentions et ambitions, il est à craindre que nos établissements – déjà en mal d’accueillir un nombre croissant de bacheliers – ne puissent participer à cette transformation salutaire, pour notre jeunesse, pour son avenir.

Au moment où est publié le rapport StraNEs, notre pays doit donc se donner les moyens de ses ambitions et produire dès le budget 2016 l’effort nécessaire pour enrayer la dégradation des conditions d’exercice des universités !