Junior-Entreprise : un dispositif « pour mettre en pratique les connaissances acquises à l’Université »

Implantées au cœur des universités ou des écoles, les Junior-Entreprises constituent une passerelle entre les études et l’entreprise. Elles proposent des services à ces dernières, tout en permettant aux étudiants de mettre en pratique leur savoir : une clé pour une insertion professionnelle réussie. Arnaud Schil, aujourd’hui auditeur chez Ernst and Young, a été Président et trésorier de Sorbonne Junior Conseil, de 2014 à 2016. En revenant sur le fonctionnement des Junior-Entreprises, il met en lumière les missions de « ce complément parfait aux enseignements [qu’il] recevait en cours ».

CPU : Quel est le fonctionnement d’une Junior-Entreprise ? Quel lien entretient-elle avec l’établissement qui l’héberge ? Avec l’étudiant Junior-Entrepreneur ?

Arnaud Schil : L’objectif premier d’une Junior-Entreprise est de permettre à des étudiants de réaliser des missions pour des clients, et d’être rémunérés en échange. Cela leur permet de mettre en pratique les compétences théoriques acquises au cours de leur cursus. Pour cela, on distingue généralement deux types de membres, tous étudiants à l’université en question : les administrateurs, bénévoles chargés de faire fonctionner la structure et notamment de trouver des clients, et les consultants, qui réaliseront directement les missions, contre rémunération. Le lien entre les Junior-Entreprises et les établissements dans lesquels elles sont implantées est donc naturellement très fort. Faire partie d’une Junior-Entreprise, c’est rendre service à son établissement, en contribuant à faire briller ses étudiants auprès des clients de la Junior-Entreprise.

Vous avez été Président de Sorbonne Junior Conseil. Qu’est-ce qui vous a mené à ce poste ?

Principalement l’envie de me professionnaliser, de monter en compétence sur de nouveaux sujets, de faire partie d’une aventure étudiante. Plus concrètement, j’ai vu en juin 2014 la campagne de communication de Sorbonne Junior Conseil, qui renouvelait comme chaque année son équipe. J’ai donc postulé, puis été élu trésorier. Ce premier mandat fut extrêmement riche. J’ai tout de suite eu le sentiment de me professionnaliser, d’apprendre de nouvelles choses, et de servir l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en permettant à ses étudiants de progresser. J’avais donc découvert à mes yeux le complément parfait aux enseignements que je recevais en cours. C’est donc assez naturellement que j’ai postulé au poste de Président l’année suivante, avant d’être élu en juin 2015.

Comment se passe le quotidien pour un étudiant membre d’une Junior-Entreprise ? Quels avantages en tire-t-il à court et moyen termes ?

Hormis l’absence de rémunération et le fait de travailler sur son temps libre, généralement le soir et les week-ends, le quotidien d’un étudiant, administrateur d’une Junior-Entreprise, ressemble à celui d’un employé d’une entreprise. Le quotidien est ainsi rythmé par les projets à gérer, les réunions, l’organisation événements ou encore la participation aux conseils d’administration. Tout ceci permet aux étudiants de comprendre plus facilement les enjeux et les exigences du monde de l’entreprise, d’apprendre à travailler en équipe, de mener des projets, de traiter avec des clients, ou encore de mettre en pratique les connaissances acquises à l’Université. Notons enfin qu’avec 200 structures en France et de nombreuses entreprises partenaires, les Junior-Entreprises permettent de bénéficier d’un réseau important.

On constate depuis 2010 un essor grandissant des Junior-Entreprises au sein des universités ? Y-a-t-il une raison à cela ? Quels sont les freins encore trop présents ?

La Confédération Nationale des Junior-Entreprises, association qui chapeaute les 200 Junior-Entreprises françaises, a mis depuis 2010 l’accent sur le développement en universités. L’objectif est de permettre aux étudiants de ces établissements de bénéficier eux-aussi de l’expérience Junior-Entreprise. Les enquêtes d’insertion professionnelle réalisées depuis cette date ont mis en évidence, pour les membres des Junior-Entreprises universitaires, une plus grande employabilité et une efficacité accrue lors de leur première expérience professionnelle, par rapport aux autres étudiants. Quelques freins demeurent cependant, avec par exemple la difficulté à attirer les étudiants universitaires, qui intègrent moins l’aspect associatif dans leur parcours que leurs homologues d’école, ou encore la méconnaissance de certaines administrations d’université des opportunités offertes par les Junior-Entreprises.

Pourriez-vous nous faire part d’une expérience étudiante qui vous a particulièrement marqué ?

Au cours de mon mandat de Président de Sorbonne Junior Conseil, nous avons organisé une conférence dont le thème était « Etre visionnaire : la clé pour entreprendre ? ». Nous avions invité plusieurs jeunes dirigeants à la tête d’entreprises françaises ayant connu un fort succès, dont Michael Goldman et Jean-Gabriel Levon, fondateurs respectifs de MyMajorCompany et Ynsect. Tous nos efforts d’organisation et tout le stress que nous avions subi furent récompensés par les nombreux remerciements que nous avons reçus de la part des étudiants ayant assisté à la conférence, soit plusieurs centaines de personnes. J’ai vraiment pris conscience ce soir-là que l’expérience Junior-Entreprise, en plus de m’apporter tant, me permettait d’agir concrètement et d’être au service des étudiants de mon université.

Le communiqué sur la signature de l’accord-cadre entre la CNJE et la CPU, le 14 juin dernier