Journée mondiale de l’environnement - L’enseignement supérieur s’engage pour faire de la construction du “monde d’après” une priorité stratégique

Photo : © Conférence des présidents d’université – Université de Haute-Alsace

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement du 5 juin 2020, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche rappellent leur engagement à double titre dans la transition écologique et énergétique, et invitent à accélérer l’effort. 

Nous avons déjà franchi trois des neuf limites planétaires décrites par Rockström (rapport publié dans Nature en 2009), en matière de changement climatique, d’effondrement de la biodiversité et d’altération des grands cycles biogéochimiques. 

Pour imaginer un monde viable pour l’humain en 2050, la recherche académique peut et doit contribuer à une transformation profonde de la société. Notre objectif est de mieux intégrer les enjeux liés à la transition écologique et sociétale à la recherche et à l’enseignement, dans une logique inter et transdisciplinaire. Pour franchir cette étape, une coopération accrue entre les grands champs scientifiques ainsi qu’entre la Science et la Société est nécessaire.  

L’Enseignement supérieur au plus près des transitions en cours

En tant qu’actrices de formation et de recherche, les universités et les grandes écoles ont un rôle essentiel à jouer dans l’anticipation et l’accompagnement des transitions en cours. Celles-ci supposent un accompagnement des populations par la connaissance, l’analyse et la compréhension des enjeux écologiques, sociétaux et économiques.  

Les établissements d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation ont plusieurs défis à relever : 

-intégrer la transition écologique de manière transversale dans les cursus, quelle que soit la filière, afin que toutes les étudiantes et tous les étudiants puissent être actrices et acteurs du changement dans leur métier et leur vie de citoyenne et citoyen;

-intégrer également cette thématique dans la formation des personnels et enseignants ainsi que dans la formation continue, notamment en lien avec les territoires; 

-s’assurer de la généralisation des pratiques responsables dans les activités de recherche, d’innovation et d’entrepreneuriat;

-faire du développement durable un fil rouge dans le fonctionnement des établissements, des campus et de la vie étudiante.

Le rôle fondamental de la Recherche

Ce sont dans les laboratoires de recherche que des solutions s’inventent et s’inventeront, et les chercheurs sont toujours plus nombreux à vouloir relever les défis associés aux transformations en cours. Le thème de la journée mondiale de l’environnement du 5 juin 2020 est la biodiversité : c’est un appel à l’action pour lutter contre la perte accélérée d’espèces et la dégradation du monde naturel. Nous jouons un rôle majeur dans la connaissance des écosystèmes et sa diffusion : nous sommes donc témoins des graves perturbations en cours. Il nous faut désormais redoubler d’efforts afin de trouver des solutions pour y mettre fin.

Former nos étudiants à la problématique environnementale

Les établissements forment les futurs décideurs et techniciens de demain.  Ce sont eux qui impulseront et appliqueront de nouvelles trajectoires politiques, sociales et économiques permettant d’éviter les crises associées à l’effondrement de la biodiversité et au réchauffement climatique. Les étudiants expriment de plus en plus leur volonté de sortir de l’Enseignement supérieur suffisamment formés pour comprendre et mener ces transformations à bien. L’ensemble de nos réseaux doit se mobiliser pour proposer des cursus et des parcours diversifiés pour ancrer les enseignements dans la lutte contre les menaces environnementales et climatiques. 

Les établissements d’enseignement supérieur sont engagés depuis longtemps : en témoigne la labellisation “DD&RS” de 31 établissements d’enseignement supérieur. L’Université de Montpellier fait partie des meilleures mondiales en “sciences de l’environnement”. Plusieurs universités se sont déclarées en état d’urgence liée au climat, rejoignant ainsi plus de 7000 établissements d’enseignement supérieur de 6 continents. Mais nous avons la responsabilité d’aller plus loin.

La communauté universitaire mobilisée

Les réseaux et conférences qui participent au groupe de travail sur l’insertion des enjeux de la transition écologique dans le Supérieur, présidé par le climatologue Jean Jouzel, sont tous mobilisés pour proposer des solutions à court et moyen terme. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation souhaite ainsi construire, avec nos communautés, des réponses de plus en plus précises sur les questions de transition écologique, afin de former les générations futures à ces enjeux. 

La fin du confinement, les annonces en lien avec le Plan de relance, le rendu des propositions de la Convention citoyenne pour le Climat et la mobilisation de la jeunesse représentent une opportunité unique pour engager des transformations profondes de nos établissements. Il n’est pas trop tard pour voir les universités françaises mener le combat pour un avenir vivable. Nous souhaitons donc profiter de ce 5 juin 2020 pour appeler l’ensemble de la communauté académique à inscrire dans leurs priorités la construction du “monde d’après”, à se mettre au service de l’intérêt général et à permettre en leur sein les innovations nécessaires à un changement de cap.

La CPU, La Fage, Pour un réveil écologique, The Shift Project, le REFEDD

 

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