Journée internationale des droits des femmes : les femmes majoritaires à l’université !

En 1930, un professeur de la faculté des Lettres de Paris se permettait d’écrire dans Les Nouvelles littéraires : “Si on me demandait quelle est la plus grande révolution à laquelle nous avons assisté de nos jours, depuis la guerre, je ne dirais pas que c’est la mode des cheveux coupés et des jupes courtes, mais l’invasion de l’Université par les femmes, où rarissimes au temps de ma jeunesse, il y a trente ans, elles ont été d’abord tiers, puis moitié, puis les deux tiers, au point qu’on se demande avec inquiétude si, après avoir été jadis nos maîtresses, elles ne vont pas devenir nos maîtres”.[1]*

Aujourd’hui, heureusement les choses ont changé, même si la parité demeure toute relative. Les étudiantes sont majoritaires dans l’enseignement supérieur puisqu’elles représentent 55 % des effectifs, toutes disciplines confondues. Par ailleurs, les femmes représentent un peu plus du tiers des enseignants-chercheurs. Pourtant, leur part diminue fortement entre le niveau maitre de conférences et celui de Professeur d’université.

Au niveau des présidents d’université, on compte seulement 12 femmes pour 73 universités. A noter : c’est en 1971 qu’une femme accède pour la première fois à la fonction de présidente d’université. En effet, Françoise Moret-Bailly dirigera l’université de Bourgogne de 1971 à 1973.

« C’est ce qu’on appelle la ségrégation verticale, c’est-à-dire la déperdition des femmes à mesure que l’on monte dans la hiérarchie. Les études montrent que les postes de maître de conférences et de chargés de recherche sont pourvus à 42 % par des femmes mais tombent à 24 % lorsqu’il s’agit des professeurs d’université et des directeurs de recherche ! », indique Christine Clérici, présidente de l’université Paris-Diderot, dans une interview à retrouver sur ce site à l’occasion du premier séminaire des femmes dirigeantes de l’enseignement supérieur, le 22 janvier 2016.

Pour elle, il y a plusieurs explications à ce phénomène, parmi lesquelles « la socialisation différentielle à laquelle sont soumis les hommes et les femmes depuis l’enfance qui produirait des attentes et des stratégies de carrière différente ».

Aujourd’hui, elle note que les choses évoluent « dans le bon sens » : en témoigne, par exemple, la signature de la charte pour l’égalité entre les hommes et les femmes en 2013 par la ministre des Droits des femmes et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le 17 décembre 2015, lors de la séance plénière de la Conférence des présidents d’université, les présidents d’université ont adopté à l’unanimité les nouveaux statuts de la CPU prévoyant, notamment, la présence d’au moins une femme et un homme au sein du bureau de la CPU. Le 15 décembre 2016, Gilles Roussel, président de l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée a ainsi été élu président de la CPU aux côtés de ses deux vice-présidents, Fabienne Blaise, présidente de l’Université de Lille-Sciences Humaines et Sociales – et Khaled Bouabdallah, président de l’Université de Lyon.

[1] Gustave Cohen, Les Nouvelles littéraires, 4 janvier 1930

Françoise Moret-Bailly présidente de l’université de Bourgogne de 1971 à 1973
BAILLY