Investissements européens et universités : le regard d’Hervé Allègre de la Caisse des Dépôts

Pour informer les universités des opportunités d’investissements qui découlent du plan Juncker, la CPU, en partenariat avec la Caisse des dépôts, organise un séminaire d’une demi-journée, le 1er octobre prochain, dans les locaux de la CPU.
Hervé Allègre, responsable des instruments financiers européens et notamment du plan Juncker à la direction des investissements et du développement local de la Caisse des dépôts, présentera en début d’après-midi le Plan Juncker devant les présidents d’université et les membres de leur équipe en charge de l’investissement. En avant-première, pour le site de la CPU, il nous donne les ambitions de ce plan et présente les principaux moyens mis à la disposition des universités.

CPU : Les universités ont l’habitude de solliciter des financements à Bruxelles, comme le programme Horizon 2020 par exemple. Par rapport à ces investissements traditionnels, que peut apporter le Plan Juncker aux universités ?

Hervé Allègre : Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) appelé « plan Juncker » (officialisé par un règlement européen du 1er Juillet 2015) est conçu comme un véritable outil de relance de l’investissement en Europe. Sa gestion a été confiée à la Banque européenne d’investissement (BEI).
A la différence du programme H2020, le FEIS ne donne pas directement accès à des subventions européennes. Il intervient sous la forme de prêts, de garanties et éventuellement de fonds propres. Mais, il faut savoir que le ticket d’entrée dans le FEIS ne peut être inférieur à 50 millions d’euros. En général, il sera plutôt de l’ordre de 100 millions d’euros.
Il est destiné à des financements difficilement réalisables par le marché parce que d’une durée longue d’amortissement et/ou jugés comme risqués. On peut penser à la construction d’un bâtiment ou à la rénovation lourde d’une université.

CPU : Comment la Caisse des Dépôts pourrait-elle faciliter l’accès des Universités aux financements prévus par le Plan Juncker ?

Il faut reconnaître que l’accès au FEIS implique la mise en œuvre de montages financiers complexes. L’avantage du FEIS, c’est qu’il permet aussi à plusieurs bénéficiaires (université, Crous…) dont les projets d’investissement sont d’une nature quasi- similaire de pouvoir solliciter en une seule fois le Plan Juncker pour une plateforme d’investissement.

Dans ce contexte, la Caisse des Dépôts peut faciliter les choses de deux manières différentes :
– Par un apport en ingénierie financière auprès des universités pour préparer le montage des projets, faciliter leur regroupement et assister le monde universitaire dans la présentation de ces projets à la Banque Européenne d’Investissement ;
– Par un apport en fonds propres de sa part dans le tour de table des projets afin de contribuer au financement.

 

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