Interview de Jean-Loup Salzmann : Retour sur la visite d’Etat au Canada du 2 au 4 novembre

12 novembre 2014

Tribune

1) Vous revenez d’un déplacement officiel aux côtés de François Hollande au Canada. Pourquoi cette invitation du Président de la République ?
Cette visite d’Etat au Canada a été placée sous le signe de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Un certain nombre d’accords universitaires et de recherche ont d’ailleurs été signés. Il était donc normal que plusieurs présidents d’université, dont le président de la CPU, aient été invités ainsi que le président du CNRS, celui de l’INSERM et certains industriels.

2) Les sujets qui préoccupent les universités ont-ils pu être abordés ? On pense plus particulièrement au  budget, à  l’accueil des étudiants étrangers, aux frais d’inscription pour les étudiants français…
L’ensemble de ces thèmes a été abordé au cours des séquences qui ont rythmé ce déplacement :
– A Calgary, dans l’ouest du Canada, la problématique des échanges universitaires entre la France et la partie anglophone du Canada a été abordée.  François Hollande a émis le souhait de développer davantage ces échanges.
– A Ottawa,  l’accent a été mis sur l’accueil des étudiants canadiens en France. On a beaucoup insisté sur l’importance de la simplification administrative des universités françaises. Celle-ci pourrait passer par la mise en place d’un point d’entrée unique au niveau des Comues, et par la simplification de la délivrance des titres de séjour ainsi que des visas de travail pour les étudiants canadiens souhaitant rester en France pour travailler. Concernant la compréhension de l’organisation de la carte universitaire française, on a remarqué que la mise en place des Comues rendait les choses plus lisibles pour les canadiens. La simplification de la carte universitaire porte donc ses fruits.
– Enfin, à Québec et à Montréal, Najat Vallaud-Belkacem et moi-même avons interrogé Yves Bolduc, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche du Québec sur la question des droits d’inscription des étudiants français. Monsieur Bolduc s’est engagé à apporter des réponses rapides pour les 12 000 étudiants français, actuellement au Québec,  et qui sont très inquiets quant à leur avenir.

3) Aujourd’hui que représente le Canada pour la France en terme de coopération scientifique et plus largement d’échanges universitaires ?
Le Canada est une grande puissance scientifique et les liens de coopération qui la lie à la France sont  intenses. De gros efforts de coopération ont été faits sur des instruments scientifiques concernant le climat et l’environnement. Le Canada est en effet une plateforme d’observation exceptionnelle avec un territoire gigantesque sur lequel il y a très peu d’activités humaines. On peut donc suivre les étapes du réchauffement climatique sur terre, en mer et au niveau de la banquise. Au Québec, nous avons visité l’Unité mixte internationale CNRS-Université Laval « Takuvik », qui vise à mieux comprendre l’impact des changements climatique, notamment à travers l’observation de l’océan Arctique. Un laboratoire impressionnant en termes de nombre de disciplines étudiées et de qualité des chercheurs…

Accueil des étudiants étrangers en France
Les propositions de la CPU

A l’occasion de sa contribution aux Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de décembre 2012, la Conférence des présidents d’université a proposé des pistes de réformes concernant l’accueil des étudiants étrangers. Elle préconise l’adoption d’une loi qui donnerait aux universités un rôle d’appréciation, en lien avec les services de l’Etat, sur l’opportunité d’accueil des étudiants étrangers. Cette loi préciserait les conditions d’admission, de séjour et d’insertion professionnelle et donnerait aux universités un rôle central dans l’accompagnement des étudiants et des enseignants-chercheurs internationaux.