Grande conférence de la santé : la CPU formule des propositions

12 février 2016

On en parle

La Grande conférence de la santé a eu lieu le 11 février dernier, au Conseil économique, social et environnemental. Initiée par le Premier ministre en mai 2015, cette rencontre avait pour objectif  d’apporter des réponses aux défis actuels rencontrés par le système de santé : amélioration de la prévention et de l’éducation thérapeutique, place plus grande accordée aux soins ambulatoires et à l’innovation et correction des inégalités d’accès aux soins. La CPU avait formulé un certain nombre de propositions qu’elle a défendu à l’occasion de la Grande conférence.

C’était un rendez-vous qui venait clôturer la deuxième phase de la Stratégie nationale de santé, lancée en septembre 2013, qui avait pour ambition de définir un cadre à l’action publique pour la décennie à venir.

Cette stratégie nationale avait d’ores et déjà trouvé des applications concrètes avec le Pacte territoire santé lancé en décembre 2012 et la loi de modernisation de notre système de santé, adoptée en décembre 2015.

Un nouveau temps fort avec la Conférence de la santé

Confiée à Anne-Marie Brocas, présidente du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie et à Lionel Collet, Conseiller d’Etat, PUPH et ancien président de la CPU, la Grande conférence de la santé a marqué un temps fort d’échanges entre les acteurs du système de santé. « Il nous faut repenser de façon prospective l’articulation entre soin, enseignement et recherche. C’est à cette condition que nous pourrons continuer d’assurer l’excellence et appliquer dans un mouvement dynamique les progrès de la science et des techniques à la prise en charge sanitaire sur notre territoire », avait indiqué Manuel Valls dans sa lettre de mission.

La CPU, et en particulier la commission pour les questions de santé, s’était largement investie.

Pour améliorer la formation universitaire et les liens entre les hôpitaux, la recherche et les universités, elle avait formulé un certain nombre de propositions, déclinées en cinq axes :

1) Une refonte de l’organisation des études de médecine à l’Université

La CPU préconisait :
– Le maintien de la sélection en fin de première année commune aux études de santé (PACES). La limitation du nombre d’étudiants admis en deuxième année doit être définie à l’échelle régionale en tenant compte des besoins de santé et des capacités de formation à l’université ;
– La régionalisation de l’examen classant pour accéder au 3ème cycle des études médicales, notamment dans ce nouveau contexte de révision des contours des Régions, et la mise en place de principes d’évaluation définis au niveau national.

2) L’intégration des formations paramédicales au sein de l’Université

– La mise en place d’un grand secteur santé rassemblant des UFR de santé avec des formations longues et des UFR de santé avec des formations courtes ;
– L’intégration de l’ensemble des formations paramédicales au sein de l’Université ;
– Une différenciation au niveau de la formation entre les professions nécessitant au moins 5 ans de formation (formation longue) où la sélection doit se faire progressivement, par exemple après la 2ème année, et les professions nécessitant 3 ans de formation (formation courte) où l’accès doit être direct pour chaque profession. Les étudiants non reçus pour intégrer une formation longue pourront rejoindre une formation courte en 2ème année ;
– La mise en place de cours en commun entre formations courtes et formations longues tels que la santé publique, l’épidémiologie, l’anatomie, la physiologie, le questionnement éthique, la sensibilisation à la coordination des soins par exemple ;
– L’identification d’un parcours recherche pour les formations paramédicales.

3) Une refonte du modèle des Centres hospitaliers universitaires (CHU)

Pour la CPU, le modèle de CHU doit évoluer. La part hospitalière a trop empiété sur la part universitaire faisant souvent des CHU, au moins pour une partie de leur activité, un centre hospitalier qui n’a rien de différent avec des centres hospitaliers généraux ou de grandes cliniques privées. Dans ce contexte, il est important de :

– Refonder le CHU en s’appuyant sur le modèle du Département hospitalo-universitaire (DHU) entité associant véritablement recherche, formation et soins ;
– Assurer une présence statutaire de l’Université dans les organes de décisions des CHU afin que le volet universitaire soit réellement pris en compte dans l’organisation des CHU ;
– L’évaluation régulière des CHU qui doivent faire l’objet d’une contractualisation quinquennale synchronisée avec l’Université ;
– La mise en place, au sein des CHU, d’un comité d’orientation scientifique externe partagé pour partie avec l’université.

4) Le développement professionnel continu

– L’affirmation du rôle de l’Université comme opérateur central de formation tout au long de la vie des professionnels de santé ;
– L’intégration de l’Université au sein de l’Agence nationale du Développement Professionnel Continu.

Vers l’élaboration d’une feuille de route

A l’issue d’une journée de débats, le 11 février prochain, le Gouvernent a rendu publique une feuille de route pour les années à venir, avec des lignes directrices et des mesures concrètes dont la traduction pourra être, si nécessaire, législative.
Lire l’interview d’Yvon Berland sur le sujet
Lire le communiqué de la CPU à l’issue de la journée

Photo : Université de Montpellier, faculté de médecine

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