Egalité des chances : un protocole pour démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur

Parce que le déterminisme social crée encore un frein puissant à la démocratisation de l’enseignement supérieur, le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a signé le 21 mars dernier à Sciences Po Lille, avec la CPU, la Conférence des directeurs des écoles d’ingénieurs (Cdefi) et la Conférence des grandes écoles (CGE) un protocole destiné à favoriser la mixité sociale dans l’Enseignement supérieur.

Si les effectifs d’étudiants dans l’enseignement supérieur n’ont jamais été aussi élevés, il se cache derrière ce réel progrès plusieurs écueils :

– Les enfants de cadres ont un taux de diplomation de l’enseignement supérieur plus de deux fois supérieur à celui des enfants d’ouvriers et d’employés ;
– Pour celles et ceux qui accèdent à l’enseignement supérieur, la répartition selon leur origine sociale est toujours aussi peu équilibrée au regard de la répartition sociale dans la société. Les étudiants des catégories sociales les plus favorisées sont ainsi fortement surreprésentées par rapport aux jeunes de catégories sociales plus modestes.

Conscient du poids des déterminismes économiques et sociaux, le ministère entend accompagner les établissements d’enseignement supérieur à donner leur chance à tous ces jeunes issus de milieux qui ne vont pas naturellement vers eux.

Le « Protocole pour une démocratisation exigeante et ambitieuse de l’accès à l’enseignement supérieur », signé le 21 mars dernier, à Sciences Po Lille, prévoit ainsi plusieurs engagements :

– Pour les recrutements diversifiés, les parties s’engagent « à accompagner les initiatives visant à prévoir des processus de recrutement explicitant l’objectif de diversification des publics et « à favoriser un accueil des étudiants boursiers en cohérence avec l’ensemble des filières de l’enseignement supérieur » ;
– Dans le cadre des parcours d’excellence, les parties engageront leurs établissements à « favoriser les actions de tutorats » des parcours d’excellence, programme de promotion de l’égalité réelle des chances et des opportunités, qui a vocation « de permettre à ses bénéficiaires de se construire un parcours académique et professionnel choisi quel que soit leur milieu d’origine » ;
– Dans le cadre des accompagnements post-admission, les conférences et le ministère s’engagent « sur la mise en place de dispositifs d’accompagnement et de suivi des jeunes qui relèveront des admissions spécifiques » ;
– Sur le continuum bac-3/ bac+3., les signataires s’engagent à favoriser les initiatives portées par les établissements d’enseignement supérieur et les rectorats pour « mieux décrire la réalité de l’enseignement supérieur auprès des élèves de lycées ». Ils déclarent que « la formation des enseignants doit également permettre de rappeler cette mission d’accompagnement des jeunes en construction de leur orientation ».

Pour la CPU, le Protocole a été signé par Fabienne Blaise, vice-présidente de la CPU et présidente de l’université de Lille Sciences Humaines et Sociales.

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