Défense : les étudiant(e)s et personnels appelés à devenir réservistes

21 mars 2016

On en parle

Un mois pour faire connaître la réserve militaire et sensibiliser les citoyens à « l’esprit de défense » : du 6 mars au 2 avril, autour de la journée nationale du réserviste (10 mars), des activités et des rencontres seront organisées sur toute la France. Et les universités sont appelées à se mobiliser.

Depuis les attentats qui ont touché la France en janvier et en novembre 2015, on remarque une montée en puissance de l’engagement des citoyens dans la réserve militaire. Chez les jeunes, par exemple, cette augmentation atteint les 30 % dans le dispositif « Sentinelle », déployé aux lendemains des attaques de janvier.

Un mois pour sensibiliser les étudiants et le personnel des universités

La journée nationale du réserviste met à l’honneur les citoyens qui ont fait le choix de consacrer une partie de leur temps à la défense de la France en souscrivant un engagement à servir dans la réserve militaire ou en consacrant du temps bénévolement au sein de la réserve citoyenne. Des actions sont menées sur tout le territoire pour faire connaître la réserve et susciter des vocations.

Les universités participent à cette mobilisation. Parmi les actions conduites, on peut citer :

– L’université Paris 1 Panthéon Sorbonne qui a organisé, le 14 mars dernier, une conférence animée par le GIGN pour exposer les moyens mis en place par le ministère de la Défense et leur adaptabilité face aux nouvelles menaces. La conférence a été suivie des Ateliers de la Réserve permettant à des réservistes d’exposer leurs missions et d’échanger avec des étudiants, enseignants et personnels.
– Le 16 mars, l’université de Poitiers a organisé une conférence entre des étudiants et des réservistes en partenariat avec deux lycées ;
– Le 18 mars, l’université de Toulon a organisé sa neuvième édition du forum des métiers des Lettres et une rencontre entre les réservistes, les étudiants et les lycées pour découvrir la réserve militaire, ses métiers, s’informer sur le recrutement et les formations ;
– Le 22 mars, l’IUT de Chambéry (Université Savoie Mont Blanc) organisera une conférence sur la cyberdéfense à destination des étudiants et des personnels ;
– Le 27 mars, l’université Lumière Lyon 2 et l’université Jean Moulin Lyon 3 organiseront une rencontre entre les réservistes et les étudiants.

Bien d’autres universités encore organisent ou organiseront des évènements au cours de la Journée nationale du réserviste, parmi lesquelles celle de Cergy-Pontoise, celle de Perpignan, celle de Nîmes, et l’université Claude Bernard Lyon 1…

De l’importance de sensibiliser les étudiants

« On se rend compte que s’engager en tant que réserviste ne se fait pas du tout au détriment des études. C’est même le contraire. Tout engagement étudiant a une action bénéfique sur la réussite académique », affirme Georges Ascione, Capitaine de vaisseau (R) et chargé de mission Enseignement supérieur au secrétariat général du conseil supérieur de la réserve miliaire (CSRM).

Pour lui, la journée nationale du réserviste a trois objectifs dans les universités :

– Toucher une tranche d’âge qui n’a jamais été exposée à la thématique de la Défense, notamment en raison de la suspension du service militaire en 1997 : il s’agit de stimuler un « esprit de défense » ;
– Consolider une pyramide des âges, adaptée aux emplois à tenir. Dans la réserve militaire, toute personne, homme ou femme volontaire, a des perspectives d’évolution et peut être appelée à y faire une « carrière », si elle le souhaite ;
– Faire face à un ennemi réel. Pour ce faire, la réserve militaire recherche des personnes qu’elle formera à des savoir-faire, mais aussi à de savoir-être en vue de participer à des opérations, notamment sur le territoire national.

En parallèle des actions menées, Georges Ascione argue que les universités doivent s’engager pour permettre une reconnaissance pédagogique de l’engagement dans la réserve militaire au sein des cursus. Plusieurs universités, telles l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, l’université de Rouen et l’université Claude Bernard Lyon 1 ont déjà signé avec le ministère de la Défense des conventions de soutien à la politique de la réserve militaire.

Pour l’heure, excepté l’université Claude Bernard Lyon 1, ces conventions ne concernent que la reconnaissance et l’aménagement du statut de réserviste pour les personnels.
Les universités sont donc appelées à se mobiliser pour permettre cette reconnaissance auprès des étudiants, ce que devrait rendre possible le projet de loi Egalité et citoyenneté, soumis au Cneser du 15 février.

Qu’est-ce que la réserve militaire ?

La réserve militaire est composée de citoyens volontaires, issus du monde civil ou militaire, qui souscrivent un Engagement à Servir dans la Réserve (ESR). A la charnière de la société civile et des armées, ils matérialisent par leur engagement la participation effective des citoyens à la défense du pays. Au cœur de la réserve militaire, deux types d’engagement peuvent être envisagés :

– la réserve citoyenne de la Défense qui permet aux citoyens de participer, comme collaborateurs bénévoles du Service public, au rayonnement de l’esprit de défense. Ces derniers sont également invités à rejoindre la réserve citoyenne de l’Education nationale pour transmettre, aux côtés des enseignants, les valeurs de la République ;

– la réserve opérationnelle qui donne la possibilité à toute personne âgée d’au moins 17 ans de s’engager dans la gendarmerie, l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine. Sur une durée d’un an à cinq ans renouvelable, le réserviste peut assurer les mêmes missions que les militaires d’active. Par ailleurs, il peut participer aux opérations extérieures.

Le réserviste perçoit dans les mêmes conditions que les militaires d’active une solde de 50 euros par jour. Lorsqu’il sert dans la réserve, son statut de salarié est protégé.

Pour en savoir plus : http://www.defense.gouv.fr/reserve