Coup de projecteur : à l’université de la Nouvelle Calédonie, les coraux reprennent de la couleur

La Nouvelle Calédonie abrite, sur plus de 1600 kilomètres, l’une des plus grandes barrières de corail au monde. Mais avec le réchauffement climatique et la présence toujours plus importante de l’homme, celle-ci tend à se dégrader de façon inquiétante. Pour répondre à ce défi, le Pôle Pluridisciplinaire de la matière et de l’environnement (PPME) de l’université de la Nouvelle Calédonie entend créer en laboratoire une structure corallienne sur laquelle le corail pourrait refleurir. Zoom sur le projet « Eco-corail », financé par l’Agence Nationale de la Recherche, dont les premiers résultats sont très encourageants.

Le corail est un organisme vivant très fragile : « il suffit que l’on marche dessus ou qu’un bateau jette son ancre à son emplacement pour qu’il se casse », souligne Sylvian Raffard-Artigue, directeur de la communication de l’université.

Le concept a été inventé en métropole, en partenariat avec les universités de la Rochelle et de Caen, et devrait prendre vie en Nouvelle Calédonie : en laboratoire, une base squelettique de calcaire a été recréée à partir d’un petit fil de fer et grâce à un procédé d’électrolyse de l’eau de mer. Vient à présent la phase de test dans la mer. Un des objectifs du programme « Eco-corail » est de vérifier si cette structure calcaire résiste bien dans le temps et favorise la naissance et l’épanouissement du corail.

Un projet pluridisciplinaire et ancré dans son territoire

« Nos laboratoires de recherche travaillent sur des travaux variés, mais qui ont tous un lien avec l’environnement naturel ou humain de la Nouvelle Calédonie », indique Sylvian Raffard-Artigue. Le programme« Eco-corail » s’inscrit dans cette logique.
C’est par ailleurs un projet collectif puisqu’il est mené par une partie des membres du pôle pluridisciplinaire de la Matière et de l’Environnement qui regroupe des géologues, des physiciens et des informaticiens autour de la thématique « gestion intégrée et ingénierie des connaissances des écosystèmes littoraux tropicaux ». Une trentaine de personnes y travaille : chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels techniques et étudiants.

Une transposition dans les régions voisines

L’université de la Nouvelle Calédonie se situe en bordure de mer. « Dans un premier temps, nous allons tester le projet sur le littoral le plus proche, juste en face du campus. D’ici deux à trois ans, on saura si le projet est viable ». Si c’est le cas, le procédé pourrait être utilisé dans de nombreuses régions limitrophes : aux Iles Cook, en Polynésie française, aux iles du Vanuatu ou aux iles Fidji qui, elles aussi, détiennent une importante barrière de corail.

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