Commission « Regroupements et politiques de sites » : les « ComUE doivent trouver leur place au sein de notre organisation »

Le 15 décembre dernier, Pascal Olivard, président de l’université Bretagne Loire, était élu à la tête de la nouvelle commission de la CPU consacrée aux regroupements et aux politiques de sites, qu’il conduira aux côtés de ses trois vice-présidents : Anne-Sophie Barthez, présidente de l’université Paris Seine, Alain Bonnin, président de l’université de Bourgogne et Nathalie Dompnier, présidente de l’université Lumière-Lyon 2. Ouverte aux présidents de Comue, chefs de file de regroupement, mais aussi à tous les présidents d’université qui le souhaitent, cette commission est une conséquence naturelle de la loi du 22 juillet 2013 instituant les regroupements universitaires. Pascal Olivard détaille ici la feuille de route de la commission pour les mois à venir.

CPU : En quoi la création de cette nouvelle commission était-elle devenue une nécessité pour la CPU ?

Pascal Olivard : Après la promulgation de la loi pour l’Enseignement supérieur et la Recherche du 22 juillet 2013, les président-e-s de ComUE ont ressenti le besoin de se rencontrer régulièrement pour échanger et partager sur la mise en place de ces nouveaux établissements dans le paysage national. Ces réunions informelles se tenaient en marge de la CPU et très souvent au ministère. Ce qui pouvait d’ailleurs laisser penser qu’il y avait les président-e-s de ComUE (et chefs de file pour les associations) et les autres. Le risque qu’un clivage s’installe durablement d’une part et que le ministère néglige sa relation directe aux établissements d’autre part a été assez rapidement identifié. Nous avons été nombreux à militer pour que la CPU ne se divise pas et que les ComUE trouvent leur place au sein de notre organisation. L’ancien bureau s’en est pleinement saisi, en proposant une modification des statuts de la CPU afin que les présidents de ComUE soient membres de droit de l’association ; et le nouveau bureau a prolongé cela en proposant la création d’une commission dédiée aux regroupements et politiques de site, ce dont nous devons collectivement nous réjouir.

Quelle est la composition de la commission ? Celle-ci ne comprend-elle que des présidents de regroupement universitaire?

Le bureau de la CPU a souhaité que cette commission ne soit pas un simple « club » des président-e-s de groupements mais que ses objectifs soient étendus aux politiques de site. Ainsi, elle est ouverte à tous les chefs d’établissements. Concrètement, si tous les président-e-s de regroupements sont membres de cette commission, pas moins de 38 président-e-s d’établissements d’enseignement supérieur y siègent également. Cette mixité permettra, par l’écoute, les échanges et débats de réduire le risque de clivage évoqué ci-dessus. Elle permettra également de rester solidaires et de défendre collectivement l’enseignement supérieur et la recherche, dans la promotion et le respect de sa diversité.

Quels sont les grands dossiers sur lesquels la commission va travailler dans un futur proche ?

J’identifie à ce stade trois niveaux de priorité.

Tout d’abord, il s’agit d’analyser les spécificités de l’ensemble des sites telles que définis dans la loi de juillet 2013 et les attentes des acteurs impliqués, notamment en lien avec le PIA. J’entends que cette analyse soit nourrie de débats contradictoires au sein de la commission mais aussi en plénière afin de permettre à la CPU de définir une doctrine et d’être force de proposition pour faire évoluer le cadre règlementaire et peut-être même législatif, en prenant en compte objectivement les spécificités et les attentes.

Dans un deuxième temps, j’estime que la question du contrat de site et plus globalement de la relation contractuelle entre le ministère et les établissements doit être posée. Conjuguer l’obligation de coordination telle que définie dans la loi et l’autonomie des établissements nécessite d’avancer sur ce point. Ces deux premiers sujets seront d’ailleurs largement débattus lors du colloque de Reims du 28 février et 1er mars prochains.

Enfin, la commission doit organiser et animer le partage de pratiques et de problématiques telles que la coordination, son organisation et ses conséquences, la relation aux collectivités territoriales et à la tutelle, la relation entre les établissements, la gouvernance…

Je crois qu’il s’agit là d’ambitions atteignables, collectivement, et qui se veulent de répondre à la fois aux besoins des établissements et de leurs regroupements. Résolument attaché au service public de l’éducation, je n‘oublie pas que nous devons aussi trouver les chemins nous permettant de toujours mieux relever la responsabilité sociétale que nous assumons comme chef-fe-s d’établissements.

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