Atlasmuseum : créer un « musée à ciel ouvert » et valoriser les œuvres d’art des universités

18 juin 2015

On en parle

Dans le cadre de sa thèse, Virginie Pringuet, doctorante à l’université de Rennes 2, a créé « Atlasmuseum », une plateforme contributive destinée à recenser toutes les œuvres présentes dans l’espace public. Virginie Pringuet explique, pour le site de la CPU, le fonctionnement et l’objectif de cette plateforme innovante dont la réalisation lui tenait à cœur depuis longtemps et dont la “collection” Enseignement supérieur a été conçue en partenariat avec A+U+C .

CPU : Présentez-nous votre projet ? Comment vous est venue cette idée ?

Virginie Pringuet : Atlasmuseum fait partie intégrante de la thèse que j’ai commencée en 2011, à l’université de Rennes 2, en « Esthétique et humanités numériques ». Elle en est à la fois l’objet, l’outil et une partie de son corpus. Avant de reprendre mes études, je travaillais dans le monde de l’art contemporain autour de projets dits « hors les murs ». En fait, j’ai toujours été passionnée par la question des œuvres d’art dans l’espace public.
Atlasmuseum est un outil d’inventaire et de description des œuvres d’art implantées dans l’espace public. Il se présente sous la forme d’archives ouvertes. Ce projet est à la fois un projet de recherche mais aussi un projet destiné aux artistes eux-mêmes, au grand public, et aux professionnels de l’art.

Parmi les principaux partenaires du projet, on peut citer le ministère de la Culture et de la Communication, l’université Rennes 2 et l’université Rennes 1, Canopé et l’association A-Pack.

En ce qui concerne le support technique, j’ai pris le parti de prendre le logiciel libre « Médiawiki », qui est utilisé par le site collaboratif Wikipedia. Le projet est donc fondé sur l’ouverture des données à partir de la contribution du public. Chacun est ainsi invité à répertorier les œuvres, pérennes ou éphémères, en renseignant une notice précise.
La cartographie tient une place prépondérante. Il s’agit de faire un inventaire spatial des œuvres existantes pour permettre à tous les publics de prendre connaissance de l’étonnant mais invisible « musée à ciel ouvert » que nous côtoyons chaque jour.
Pour le moment, 1100 œuvres, principalement en France, sont répertoriées.

En choisissant le terme « Atlasmuseum », j’ai voulu accoler deux mots dont l’association peut surprendre. « Atlas » est une référence au titan de la mythologie grecque qui porte la sphère céleste sur son dos, et par là même le poids de la connaissance, tandis que « Museum » fait penser au « museum d’histoire naturelle ». J’ai ainsi tenté de confronter le « Musée sans murs » à ces œuvres dans l’espace public.

Quelle est la place donnée aux œuvres artistiques universitaires dans votre projet ?

Les œuvres présentes dans l’espace public ont un lien historique très fort avec l’enseignement en général car le dispositif du 1% artistique s’est prioritairement déployé dans les collèges, les lycées et les universités.

En partenariat avec A+U+C, j’ai d’ailleurs initié sur Atlasmuseum, une « collection » dédiée à l’enseignement supérieur qui vise à constituer une carte recensant toutes les œuvres présentes sur les campus universitaires, en métropole, mais aussi dans les DOM-TOM. On peut aisément retrouver, par exemple, toutes les œuvres créées la même année, toutes celles créées par le même artiste, toutes celles qui ont utilisé le même matériau ou la même couleur… Une recherche par mot-clé est aussi possible.

Les étudiants comme les personnels des universités sont bien sûr invités à contribuer via le site ou l’application mobile Androïd (http://ow.ly/JIz24).

Quels conseils donneriez-vous aux universités pour préserver leurs œuvres d’art?

Les universités doivent miser sur la communication. Elles doivent faire connaître les œuvres qu’elles abritent. Il est important que les étudiants prennent conscience de l’histoire, souvent mouvementée et passionnante, de ces œuvres et des liens qu’elles entretiennent avec leur site d’implantation.

La création artistique installée au cœur même des campus est fondamentale car elle démontre que les artistes y ont toute leur place. A travers leurs commandes, les universités peuvent aussi expérimenter de nouveaux types d’œuvres d’art, comme les œuvres éphémères.

Photo : L’arbre à tambours à l’université de Guyane – Frédéric Jaudon; photographe : Robert Charlotte