Alain Fuchs, nouveau président de l’alliance Athéna, pour les sciences humaines et sociales du XXIe siècle

20 février 2015

Communiqués

Alain Fuchs, président du CNRS, est nommé président de l’alliance Athéna, l’alliance nationale des sciences humaines et sociales, qui regroupe et coordonne tous les acteurs de la recherche dans ce domaine (CNRS, Conférence des présidents d’université, Conférence des grandes écoles, INED, IRD, Inra et CEA). Il succède à Jean-Emile Gombert, ancien président de l’université de Rennes 2, représentant de la CPU et aujourd’hui vice-président d’Athéna. Dans le cadre de son second mandat à la tête de l’alliance, le CNRS entend, de concert avec ses partenaires, ouvrir de nouveaux horizons pour les SHS du XXIe siècle. Quatre nouvelles priorités fixées en commun seront investies : l’internationalisation des SHS, l’interdisciplinarité, la politique de site ainsi que le transfert de connaissance et la participation citoyenne. Devenu primordial après les attentats de janvier 2015, ce dernier chantier œuvrera à rapprocher la recherche en SHS et les décideurs publics ainsi que la société au sens large. Un effort de recherche sera par ailleurs porté sur certains champs actuellement peu explorés et pouvant éclairer la société sur les fractures qui la traversent.

Présidée en alternance par le CNRS (2010-2012) puis par la CPU (2012-2014), Athéna a, depuis sa création en 2010, travaillé à consolider le domaine des sciences humaines et sociales à travers plusieurs actions : l’intégrer plus solidement dans les sciences, soutenir le développement de grandes infrastructures proprement SHS (infrastructures numériques et infrastructures de proximité comme les maisons des sciences de l’Homme), s’investir dans un dialogue constructif avec l’Agence nationale de la recherche et initier des réflexions prospectives sur des domaines d’interface majeurs tels l’énergie, la santé ou l’environnement. Dans le cadre de son nouveau mandat à la présidence de l’alliance, Alain Fuchs entend faire progresser quatre priorités identifiées en commun avec les autres membres d’Athéna et ouvrir de nouveaux horizons pour les SHS du XXIe siècle.

L’internationalisation des SHS
Athéna compte renforcer la présence et la visibilité de la recherche en SHS à l’international. C’est l’un des enjeux de la politique de site que mène le CNRS en lien avec les universités, à partir de réflexions sur les réseaux, les atouts et les priorités de chaque site. Une analyse des outils, tel le réseau des unités mixtes internationales, ou des dispositifs récemment créés, de plus en plus variés, comme les groupements d’intérêt scientifique ou le soutien à la mobilité, sera mise en œuvre. Avec pour objectif de soutenir les collaborations internationales, et plus particulièrement les candidatures SHS au niveau européen.

L’interdisciplinarité
Paramètre-clé de l’internationalisation, l’interdisciplinarité doit se renforcer en SHS, où le cloisonnement disciplinaire reste trop présent. Il s’agit de poursuivre l’intégration des SHS dans la science toute entière . Sources de créativité, ces interactions ont fait leurs preuves pour traiter des sujets d’interface comme « l’énergie et les SHS ». Avec l’apport de tous les partenaires réunis dans l’alliance, Athéna doit, dans les années à venir, anticiper la réflexion sur des questions émergentes (le climat, l’alimentation, la santé publique, la sécurité…).

La politique de site
L’émergence de véritables politiques scientifiques de site est un phénomène majeur dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, et un autre défi de l’alliance. Le CNRS ambitionne de conduire, au sein d’Athéna, des réflexions visant à mieux caractériser les sites et à en coordonner les progrès et les évolutions
dans un cadre national. De plus, l’un des défis de l’alliance sera de piloter la réflexion sur le statut des doctorants, dont la formation constitue un pilier des politiques de site, et sur la responsabilité collective de leurs trajectoires.

La participation citoyenne et le transfert de connaissance
Après les attentats du début 2015, il est clairement apparu que les SHS ont un rôle public et politique particulier. La recherche en SHS a produit depuis des décennies nombre de publications et rapports sur les questions qui ont été portées au débat public depuis janvier dernier – que ce soit sur la marginalisation sociale, la situation de la jeunesse dans les banlieues, les phénomènes de relégation, le rôle des religions dans la construction des identités culturelles, la place de l’école dans l’intégration, la radicalisation… Selon un premier bilan réalisé par l’alliance, notre effort de recherche couvre toutes les disciplines, de la sociologie au droit ou aux études classiques, tout en mobilisant quelques centaines de scientifiques. Ce constat, bien qu’important, souffre de certaines faiblesses. Certaines recherches nouvelles sur le risque qui concerne la sécurité humaine et toutes les formes de terrorisme et de violence ont été peu investies. Autres champs de recherche à encourager : l’islam contemporain dans les pays non arabophones, les formes de citoyenneté d’aujourd’hui et les processus de radicalisation en Europe et hors d’Europe. Cette mobilisation sur des sujets peu explorés jusqu’à présent fait partie de la mission confiée à Athéna par Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

Par ailleurs, en dépit de la parution de nombreux ouvrages et articles de revues, ces recherches ont trouvé peu d’échos durables au-delà du cercle des spécialistes. Amplifier et consolider le partage de cette production devient l’un des enjeux majeurs d’Athéna. Pour y parvenir, il est important de développer plus avant les différentes formes et technologies des « sciences citoyennes ». L’alliance, du fait de la diversité et de la richesse de ses membres, est un cadre idéal pour faire progresser conjointement la participation citoyenne et l’objectivité de la recherche. « Nous devons réfléchir à un meilleur « transfert » des savoirs existants vers les décideurs, les politiques, les institutions et les citoyens », souligne Alain Fuchs. Athéna entend ainsi proposer des dispositifs coordonnés afin de rapprocher la recherche en sciences humaines et sociales de la société elle-même. Une action également soutenue par Geneviève Fioraso.

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