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Edito
Tandis que la DGESIP et la DGRI font le tour des régions pour informer tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’état actuel du dossier « grand emprunt », la CPU s’organise de son côté pour collecter et faire circuler l’information.
Deux membres du Conseil d'Administration, Sophie Béjean et Jean Pierre Finance, ont ainsi été mandatés pour synthétiser l’information recueillie par les présidents, répondre aux questions des uns et des autres, faire le lien avec le bureau et animer des échanges en commission des moyens, Conseil d'Administration et assemblée plénière, y compris sur la question très controversée de la gouvernance.
Un espace réservé va être spécialement ouvert sur l’espace confidentiel des présidents à cet effet.
La CPU fait ainsi tout ce qu’elle peut pour que l’information soit également partagée entre tous et regrette par ailleurs de ne pas être plus associée en amont à la conception de cette opération, comme l’a été son homologue allemand pour l’initiative d’excellence: l'Exzellenzinitiative (cf article ci-dessous).
Echanges franco-allemands : "Exzellenzinitiative" et "campus d’excellence"
Deux délégations des conférences des présidents d’universités allemandes et françaises, HRK et CPU, se sont rencontrées jeudi 25 février à Paris à l’Université Panthéon-Assas. La rencontre a réuni 12 présidents d’université, dont la présidente de la HRK, Margret Wintermantel, et le président de la CPU, Lionel Collet, et a permis d’échanger sur les thématiques d’actualité dans les deux pays, notamment l’Exzellenzinitiative, côté allemand et l’initiative du Grand Emprunt, côté français.
Selon les présidents allemands, l’Exzellenzinitiative, dotée d’un budget de 1,8 milliard d’euros sur 5 ans (2006 – 2011), a induit un nouveau dynamisme parmi les établissements allemands. Cette initiative, à laquelle la conférence allemande des présidents d’universités, HRK, a été impliquée étroitement dans sa phase de conception, comportait trois volets : écoles doctorales, clusters de recherche et plans stratégiques institutionnels. Le volet «clusters de recherche» est le plus comparable au projet des «campus d’excellence» français.
Les 9 universités allemandes choisies pour leurs plans stratégiques reçoivent chacune une vingtaine de millions par an sur 5 ans. A la différence de la France, l’argent revient directement aux établissements et n’est pas placé en banque. Une trentaine d’autres établissements reçoivent des financements dans le cadre des deux autres volets du programme, écoles doctorales et clusters de recherche.
La délégation allemande a souligné les effets positifs de cette initiative qui a notamment donné aux établissements de vraies ambitions, au-delà des stratégies des composantes. De plus, on a pu constater des effets positifs pour les « perdants » du concours, car les Länder ont pris davantage conscience des enjeux de l’enseignement supérieur et de la recherche et ont souvent alloué des financements régionaux et locaux pour soutenir des projets non-retenus sur un plan national afin d’aider les établissements à progresser.
Par ce concours, l’idée qu’il existe différentes formes d’excellence a été ancrée définitivement dans la politique universitaire allemande. Cette acceptation n’a été possible que grâce à une stricte indépendance des jurys impliqués dans la sélection, composés exclusivement d’universitaires, dont la moitié étrangers.
Néanmoins, l’Exzellenzinitiative a accentué la tendance des années précédentes visant à augmenter les financements par concours au détriment des financements de base qui stagnent ou sont en très légère hausse. Tous les présidents soulignent donc qu’il faut veiller à ce que le financement de base soient maintenu et que les initiatives telles que l’Exzellenzinitiative ne s’y substituent pas. Les recteurs allemands ont rappelé par ailleurs qu’une catégorie importante d’établissements était peu présente dans ce programme : les ‘Fachhochschulen’, universités des sciences appliquées, qui ne pouvaient candidater seules, mais seulement en étant associées à des clusters de recherche, dirigés par des universités. Le programme de l’Exzellenzinitiative était essentiellement centré sur la recherche, ce qui apparaît problématique aux yeux de beaucoup.
Les deux présidents des conférences se sont mis d’accord sur une poursuite de ces échanges à la fin de l’année 2010 en Allemagne.
Plan Bibliothèques : la CPU demande le financement de licences nationales de la documentation électronique par le Grand Emprunt
La CPU a pris connaissance avec le plus grand intérêt du « plan pour le renouveau des bibliothèques universitaires », annoncé par Mme Valérie Pécresse, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, à l’occasion d’une visite sur le site de Bobigny à l’Université Paris 13. Un effort particulier en faveur des bibliothèques universitaires françaises, qui apparaissent bien mal dotées au regard de la plupart des bibliothèques universitaires des pays développés, s’impose en effet.
Certes, des progrès substantiels ont été réalisés depuis le rapport Miquel de 1989, qui dressait un tableau du sous-développement des bibliothèques universitaires, et traçait des pistes de progrès. Sur le plan institutionnel, la création des services communs de la documentation a eu pour objet, notamment, de faire travailler ensemble les différents acteurs de la documentation : B.U., UFR, écoles et instituts, laboratoires, etc. pour se doter d’une vision globale des ressources documentaires de l’établissement, et engager une politique coordonnée des acquisitions. Sur le plan des relations inter-établissements, des réseaux comme ceux des CADIST1 ont tenté d’établir des fonds de référence dans chaque domaine scientifique, tandis que des organismes de formation (ENSSIB2) et de coopération (ABES3, etc.) confortaient la culture commune des acteurs du monde des bibliothèques. Les universités ont été confrontées depuis plus d’une quinzaine d’années à l’émergence de la documentation électronique et au coût élevé des abonnements aux publications électroniques diffusé par un oligopole d’éditeurs internationaux : la CPU a pris une part déterminante dans la création et le fonctionnement du Consortium Couperin, avec les professionnels des bibliothèques, dans le but d’organiser des achats de documentation électronique de façon mutualisée.
Le plan pour le renouveau des bibliothèques peut être le nouvel élan dont notre système documentaire universitaire a besoin. Les engagements 1 et 2 qui portent sur l’élargissement des horaires d’ouverture, ont le mérite de mettre l’usager au centre du dispositif, en identifiant ses besoins d’accéder aux bibliothèques le soir, et pendant les « petites vacances » ce qui est la règle dans la plupart des pays voisins. Alors que l’on constate en France que ce sont pas les bibliothèques les mieux pourvues en personnels qui sont ouvertes le plus longtemps dans la semaine et dans l’année, il existe des marges de progression importantes.
Pour autant, l’élargissement des horaires d’ouverture ne pourra pas se faire sans un renforcement des effectifs en personnels permanents des bibliothèques : des personnels spécialisés sont en effet nécessaires, et l’ouverture le soir ne peut être réalisée avec le seul concours de moniteurs-étudiants. Outre le renforcement des effectifs, il conviendra de rechercher un système incitatif (heures supplémentaires ; récupérations possibles, etc.) qui favorise l’engagement des personnels permanents pour encadrer le fonctionnement des bibliothèques aux heures d’ouverture élargie. Il sera également nécessaire de prévoir un accompagnement technique (maintenance informatique, gardiennage), sans lequel l’élargissement des horaires d’accueil du public pourrait se heurter à de sérieuses difficultés.
L’engagement 4 sur le renforcement de la politique documentaire à tous les niveaux ne peut que susciter l’adhésion, quant à la démarche d’évaluation des bibliothèques par l’AERES, ou l’invention d’une politique documentaire de site, avec l’objectif de la mise en place de standards d’excellence. L’engagement 5 portant sur des bibliothèques plus fonctionnelles a notamment le mérite d’aborder la question très importante du stockage de la documentation papier, alors que les livres tiennent une place encore essentielle comme supports de la culture et de l’étude, et que nombre de bibliothèques sont confrontées à des difficultés de stockage. De même, la révision du mode de fonctionnement des services inter-établissements de coopération documentaire (SICD) constitue un objectif partagé entre le Ministère et la communauté universitaire.
C’est l’engagement 3 pour « plus d’ouvrages en accès libre grâce à la documentation électronique » qui suscite certaines réserves de la CPU, en ce qu’il ne tranche pas sur le modèle de numérisation des ouvrages qui sera retenu (modèle nord-américain, ou modèle européen ?) et surtout en ce qu’il n’aborde pas l’enjeu qui parait aujourd’hui essentiel au yeux des responsables de la Conférence : la mise en place de la licence nationale, qui permettra à tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, quelles que soient leurs tailles et leurs spécialités, d’accéder aux collections documentaires numériques, passées, présentes et futures. En effet, sans un effort conséquent pour acquérir la licence nationale, de multiples fractures numériques vont se dessiner dans le paysage documentaire de l’enseignement supérieur et de la recherche : selon la richesse des établissements, selon leur place dans des réseaux ou des communautés scientifiques plus ou moins bien organisés, ou selon la politique commerciale des grands éditeurs… C’est pourquoi il parait nécessaire d’aller maintenant au-delà de la politique d’acquisition coordonnée - certes nécessaire - de la documentation numérique ; pour aborder franchement la question du financement d’une licence nationale, le cas échéant dans le cadre du volet « économie numérique » du grand emprunt.
1 Centres d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique 2 Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques 3 Agence bibliographique de l’enseignement supérieur
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Universités : un rôle majeur dans la mise en œuvre du développement durable
Consciente du rôle majeur que les universités peuvent jouer pour accompagner le changement de notre société et la mise en œuvre du développement durable dans ses dimensions tant environnementales que sociales, la CPU a mis en place en 2008 un Comité d’experts représentant à ce jour 50 établissements chargés d’émettre des recommandations sur ces questions, mais également de coordonner la mise en œuvre et le développement d’outils d’aide à la décision dans les établissements d’enseignement supérieur.
Ce mois-ci, un nouvel outil, Evaddes, vient ainsi d’être mis à la disposition des établissements. Réalisé par Fondaterra1 en partenariat avec la CPU, cet outil d'auto-évaluation du développement durable dans l'enseignement supérieur permettra d’organiser la collecte des données et le partage de documents, d’établir la situation de la démarche développement durable de chaque établissement, de fixer et chiffrer les objectifs du plan d’action, et de suivre l’avancement et la tenue des engagements pris par chaque établissement.
La CPU a également participé à l’élaboration d’un « mémento éco campus » en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ce mémento permet d’aborder les enjeux du développement durable appliqués à l’Université et propose des objectifs et des outils à prendre en compte à différentes échelles et à différentes phases d’un projet de rénovation d’un campus.
Par ailleurs, la CPU fait partie de l’alliance AllEnvi, lancée par la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche le 9 février. Cette alliance, regroupant 12 institutions2, a pour objet de contribuer à faire de la France l’un des acteurs de référence des sciences et technologies de l’environnement et de l’alimentation au sein de l’Espace européen de la recherche.
Des sites à consulter pour en savoir plus: -La CPU : www.cpu.fr ; rubrique « développement durable » -Fondaterra : www.fondaterra.com -L’outil d’auto-évaluation Evaddes : www.evaddes.com -Un site proposant un kit de sensibilisation aux éco-gestes : www.t-eco.org -La cartographie énergétique du parc universitaire français : www.cartoco2campus.fr -Le guide méthodologique des projets d’efficacité énergétique : www.G2E-Campus.fr -Le site internet dédié aux campus dans le cadre de la mise en place du Plan vert (ouverture début mars) : www.campus-durables.org -Le site du Challenge Green TIC Campus pour soutenir les idées de projets au sein des campus, où les TIC sont un levier d’innovation au service de l’environnement : www.greentic-campus.com
1Fondaterra, créée en 2004, est un réseau d'institutions publiques et privées fédérant des compétences de recherche, de formation, de médiation des connaissances et d'expertise autour de la thématique du développement durable des territoires. 2Le Bureau de Recherche Géologiques et Minières (BRGM), le Commisariat à l'Energie Atomique (CEA), le Cemagref, le Centre International en Recherche Agronomique pour le Développement (Cirad), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), la Conférence des Présidents d'Université (CPU), l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC), Météo France et le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN).
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