Conférence des présidents d'université

    

Lettre du 15 décembre 2011 - n°79

   
   

Des universités bien gérées



A la suite de l’annonce que 8, puis 7, puis 5 universités allaient voir leur budget 2012 arrêté par le Recteur de leur Académie parce qu’elles avaient connu deux exercices déficitaires consécutifs, les visites du « comité des pairs » dans plusieurs universités permettent, déjà, de dégager quelques enseignements. Leur intervention a apporté une réelle assistance, aussi bien aux présidents d’université et à leurs équipes qu’aux Recteurs et aux responsables académiques, en y incluant les directions régionales des finances publiques, dans la compréhension partagée des enjeux financiers, comptables, mais aussi  économiques des universités concernées, parce que cette intervention émanait  de pairs dont l’expérience de direction et de gestion des établissements  est reconnue.

Ces visites ont aussi permis de constater que les universités sont bien gérées, même si elles peuvent se trouver dans des situations diverses de besoins de financement.

Elles ont toutes le besoin, cependant, d’outils d’analyse et de gestion pluriannuelle plus performants, compréhensibles et clairs pour les acteurs de la communauté universitaire, les membres des conseils ou les tutelles, pour pouvoir lier leurs projets de développement en matière de formation et de recherche avec les capacités de financement qu’elles sont susceptibles de dégager. A l’heure des responsabilités et compétences élargies, avec la gestion de la masse salariale, c’est un exercice nouveau aussi bien pour les universités que pour les services du Ministère ou les Rectorats. L’élaboration de ces outils doit procéder d’un travail commun mobilisant toutes les expertises des ministères, des établissements, de l’IGAENR (inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche) qui a conduit dans les établissements des audits au moment de leur passage aux RCE (responsabilités et compétences élargies).

L’Amue(Agence de mutualisation des universités et établissements) est le lieu naturel pour rassembler ces expertises, les mettre en forme et au service de ses membres. Dans un domaine où l’expertise doit être partagée entre les établissements et les services ministériels, centraux ou déconcentrés, le partenariat noué entre l’Amue et l’ESEN pour la formation des cadres trouve un point d’application particulièrement pertinent.

Ce sujet est une bonne illustration des enjeux que revêt l’élaboration du plan stratégique de l’Amue actuellement en cours. Il s’agit de  doter les universités françaises des outils nécessaires à l’exercice des responsabilités que la loi leur confie. Il faut, à ce titre,  souligner l’importance du soutien que l’Etat doit apporter à l’effort de mutualisation des universités,  pour que leur autonomie se conjugue avec une solidarité renforcée entre elles, et contribue au rayonnement international  de l’ensemble du système français d’enseignement supérieur et de recherche, dans la diversité des établissements qui le composent.

L’Avenir… cela se prépare !



La CPU mène des auditions dans le cadre de la préparation se son colloque annuel «l’Université pour l’avenir, Avenir des universités» qui se déroulera à Marseille les 8,9 et 10 février prochains.

La première séquence d’ateliers préparatoires du 15 décembre 2011 vise à s’entretenir avec un certains nombre d’acteurs de la communauté universitaire français et européens, des représentants de l’Etat, des organismes de recherche…, sur les différents thèmes qui constitueront l’analyse systémique des présidents, en février prochain :

  • l’analyse globale de l’impact des réformes récentes sur le dispositif d'enseignement supérieur français et les comparaisons européennes
  • les stratégies territoriales et nouvelles dynamiques universitaires : quelles organisations les plus efficientes pour répondre à ces attentes ?
  • les mécanismes de financement de l’enseignement supérieur et de la recherche
  • la stratégie, le pilotage et l’organisation du dispositif national.

La CPU organise son colloque à un moment-clé de l’histoire des universités : quatre ans après l’entrée en vigueur de la loi sur les libertés et responsabilités des universités (LRU, 2007), cinq ans après l’adoption de la loi portant pacte pour la recherche (2006), au moment où seront connus les résultats des appels à projets pour les Investissements d’avenir, et alors que la quasi-totalité des universités vont, en 2012, renouveler leurs équipes de direction sur fond d’élection présidentielle et d’élections législatives.
 Les  présidents d’université et directeurs d’établissement souhaitent par cette réflexion tirer le bilan de la politique universitaire conduite ces dernières années et de la mise en œuvre de l’autonomie acquise par les établissements et avec tous, envisager leur avenir.

A l’issue de ces deux journées, ils formuleront des propositions concrètes pour l’évolution du système d’enseignement supérieur et de recherche, du pilotage national des établissements, de leurs stratégies et responsabilités.
Ces propositions, élaborées avec l’ensemble de la communauté universitaire, seront portées auprès des différents acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, et des candidats aux mandats nationaux.

Les prochaines séquences d’audition auront lieu dès début janvier 2012 ; elles associeront les représentants des organisations  au CNESER, ainsi que des collectivités territoriales et permettront de poursuivre cette réflexion qui nous mènera… jusqu’à Marseille. 

France-Colombie : la CPU rencontre son homologue colombien



Les 28 et 19 octobre 2011 s’est déroulée la première rencontre organisée entre la CPU, la CDEFI, la CGE et ASCUN, l’homologue colombien de la CPU. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la convention de reconnaissance mutuelle d’études et diplômes (1er accord de ce type signé avec un pays d’Amérique Latine) signée en février 2010 par les 3 conférences françaises et ASCUN.
Suite à ces premières journées, les parties française et colombienne ont décidé d’instaurer des rencontres régulières tous les deux ans. La prochaine devrait avoir lieu en France en 2013.

1/ Quels étaient les objectifs principaux de cette première rencontre

Cette rencontre faisait suite à la visite du président Santos en France en janvier 2011 et aux accords bilatéraux signés dans ce cadre entre la Ministre de l’ESR, Valérie Pecresse, et la ministre de l’Education colombienne, Maria Fernanda Campo. Il s’agissait de dynamiser les mécanismes de coopération universitaire entre les établissements d’enseignement supérieur français et colombiens, tels que promus également par l’Ambassade de France en Colombie : renforcement institutionnel, développement de programmes de doubles diplômes, création de dispositifs de bourses, activation de conventions… Il s’agissait aussi, au-delà de la confrontation des deux systèmes d’enseignement supérieur, d’analyser des stratégies de coopération plus poussées, en particulier en termes de programmes de mobilité et de programmes de formation et de recherche conjoints, en particulier pour développer les échanges au niveau doctoral.

Le système français d’enseignement supérieur et de recherche était représenté au plus haut niveau, dans toute sa diversité – et parfois sa complexité : Les 3 conférences d’établissements (CPU, CGE, CDEFI), les organismes de recherche (IRD, CNRS), l’Agence d’évaluation (AERES), Campus France, avec le soutien actif du MESR et du MAEE. La rencontre avait été préparée de longue main par la mobilisation du Ministère de l’Education colombien et de l’Association des universités colombiennes (ASCUN) et  un travail très approfondi du service de coopération universitaire et éducative de l’Ambassade, avec un investissement personnel, remarqué par tous les participants, de l’Ambassadeur, qui a participé à la totalité de la rencontre.

2/ Quel est aujourd’hui l’état des lieux du développement des programmes de doubles diplômes franco-colombiens ?

La Colombie est le deuxième pays d’origine des étudiants d’Amérique Latine en mobilité vers la France (après le Brésil), soit 2900 étudiants dont 79% dans les universités. L’intérêt est donc grand d’investir dans les dispositifs de coopération. En 2009 a eu lieu le lancement d’un programme d’appui et de suivi de l’Ambassade en faveur des programmes de doubles diplômes. Le 1er février 2010 la signature d’une convention pour la reconnaissance mutuelle des études et diplômes entre la CPU, la CDEFI et ASCUN.

La montée en puissance est depuis patente :

  • En 2008 : 23 accords de doubles diplômes
  • En 2011 : 93 accords dont 53 avec des universités
  • 3 accords ont été signés sur place
  • Des filières francophones ont été créées dans 16 universités colombiennes.

Les programmes prévoient des modalités différentes d’immersion (entre 1 et 2 années)

3/ Où en est-on de la mobilité doctorale entre la France et la Colombie ? Quelles stratégies conjointes sont mises en place pour la développer ?

Elle est en devenir. Du côté colombien, elle est en train d’être favorisée par la création de dispositifs de bourses sur critères d’excellence académique et appuyée par une formation linguistique dispensée par le réseau des Alliances françaises et financée par l’Ambassade de France. Il s’agit donc bien de promouvoir une mobilité universitaire de qualité.
On constate que la réciproque n’est pas encore tout à fait atteinte. Les étudiants français choisissent peu la Colombie... Cela pourrait changer avec le financement prévu d’un programme de mobilité mis en place en 2011 (logique de cofinancement)

4/ Quelles vont être les prochaines actions de la CPU dans ce domaine?
 
D’un commun accord et parce que cette rencontre a été très réussie, il est prévu de répondre en France à l’invitation colombienne, et d’essayer d’organiser, de manière régulière, peut-être pas tous les ans, mais au moins tous les deux ans, ce type de rencontres, pour inscrire dans la durée, dans un travail commun, une coopération prometteuse…. La CPU, en tout cas, par le biais de la CORIE, va rester très mobilisée, avec tous les autres acteurs qui ont participé à cette rencontre.

Le DAEU, Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires, mais pas seulement...



La communication de la Conférence des directeurs de service universitaire de formation continue sur le portail national « DAEU » est l’occasion pour la CPU de rendre hommage aux équipes qui, depuis plus de 50 ans, se sont succédées pour donner corps à l’une des missions importantes des universités : « la formation tout au long de la vie » (LLL).

En effet, le DAEU, régi par un décret de 1994, puise son origine dans l’Examen d’Entrée à l’Université (ESEU) qui, lui, remonte à l’année 1956. Diplôme national de l’enseignement supérieur conférant les mêmes droits que ceux qui s’attachent au baccalauréat, le DAEU permet à ses détenteurs, outre les attributs « du niveau bac », d’accéder à l’université, d’entrer dans certaines écoles ou organismes de formation professionnelle (GRETA, AFPA, CNAM…..). En préparant à ce diplôme et en délivrant près de 5000 DAEU par an (hormis les validations partielles), les Universités contribuent ainsi à «élargir l’accès à l’enseignement supérieur», moyen non négligeable, d’augmenter le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur.

Réservé aux publics « dits de formation continue » par nature, d’origine et de niveau très divers, et aux objectifs très variés, le DAEU est depuis plusieurs décennies un laboratoire d’innovations pédagogiques, qui, mieux connues et mieux utilisées, pourraient être utilement transposées à tout public de formation initiale et notamment aux étudiants de licence. En effet, au fil des années, les dispositifs développés par les équipes universitaires en  charge des formations préparant au diplôme se sont enrichis pour prendre en compte les nombreuses contraintes des différents publics (tutorat, travail en petits groupes, utilisation de ressources en ligne, de centres de documentation et bibliothèques…). Remises à niveau, via la conception de cursus « préDAEU », parcours adaptés à la poursuite de certains cycles d’études (ex : filières AES ou DUT…) grâce  au choix possible de modules optionnels : tous les ingrédients sont là pour accompagner au mieux l’étudiant dans le déroulement de son parcours de formation et vers une meilleure évolution professionnelle. Dès sa conception, le DAEU a favorisé le développement de l’autonomie de l’étudiant de même que les unités capitalisables, la possibilité de passer le diplôme sur plusieurs années, le recours au contrôle continu comme l’un des modes d’évaluation, ont nécessité une adaptation des méthodes pédagogiques
Les universités ont su développer les partenariats afin de favoriser les passerelles et les réorientations et sécuriser les parcours. Il en est ainsi des accords passés avec les GRETA, l’AFPA, le CNED  ou autres acteurs de la formation professionnelle.

Les universités ont également su s’organiser collectivement via des regroupements interuniversitaires pour développer et rentabiliser des outils ou dispositifs innovants tels que les dispositifs de préparation en ligne du DAEU (FOAD) avec appui de tuteurs pédagogiques.

C’est l’ensemble de ces pratiques qu’il conviendrait de reconnaître et  diffuser au sein de l’université.

Une ombre au tableau : le coût et le financement. A l’origine entrant dans le modèle de répartition des moyens entre établissements, ce n’est plus le cas, à l’heure actuelle. D’où une certaine contradiction avec une volonté affichée de favoriser le retour à  l’université et le non financement, même partiel de cette activité. Heureusement cette formation universitaire est souvent prise en charge partiellement par les régions, le complément étant apporté par les étudiants. Ces derniers, les enquêtes sur le DAEU le confirment, n’étant pas véritablement issus de milieux privilégiés, une réflexion sur ces thèmes serait fort utile.

Agenda : le colloque Eco-Campus CPU - CGE



La CPU et la CGE réunissent les présidents et experts européens et internationaux afin d’échanger avec les chefs d’établissements français sur les enjeux liés aux Eco-campus, à l’adaptation des formations au développement durable et à la responsabilité sociétale des établissements d’enseignement supérieur en Europe.

Quoi ? Un colloque « Eco-campus, formations et responsabilité sociétale, Quelles stratégies de transition des établissements d’enseignement supérieur européens ? »

Quand ? Jeudi 19 et vendredi 20 janvier 2012

Où ? à l'UNESCO à Paris

Programme et inscription

Lire le communiqué de presse

   

Un nouveau président à la commission recherche



Guy Cathelineau, président de l’Université Rennes 1 a été élu, mercredi 14 décembre, à la tête de la commission de la recherche et de l’innovation de la CPU. Les vice-présidents élus à ses côtés sont Bruno Sire, président de l’Université Toulouse 1 Capitole et Jean-Yves Mérindol, président de l’Ecole Nationale Supérieure de Cachan.

Guy Cathelineau succède à cette fonction à Axel Kahn, Président de l’Université Paris Descartes qui a, au cours de son mandat à la présidence de la commission, de décembre 2008 à décembre 2011, permis le rapprochement historique entre la CPU et les organismes de recherche, par la signature d’accords-cadres.

Appel à projets IDEFI : Initiative d’excellence en formations innovantes



La date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 19 décembre 2011.

Les projets seront appréciés par un jury à dimension internationale, sur la base de plusieurs critères : ampleur du projet, caractère stratégique et transformant, caractère novateur, degré de mobilisation des acteurs et qualité des partenariats, qualité de l’organisation du projet, de son pilotage et de son suivi, crédibilité et soutenabilité du projet.

Pour rappel, l’appel à projets IDEFI a été initié dans le cadre des investissements d’avenir et complète les appels à projets « Initiatives d’excellence » et « Laboratoires d’excellence ». Il concerne les formations, de la formation initiale à la formation continue.

Des prestations sociales interministérielles définitivement confirmées pour les personnels des universités



La CPU a pris connaissance avec satisfaction et soulagement de l’annonce, par le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche d’une solution pérenne pour que tous les personnels des établissements passés aux responsabilités et compétences élargies continuent à bénéficier, de façon définitive à partir du 1er janvier 2012, des prestations sociales interministérielles (chèques vacances, tickets CESU pour garde d’enfants, aides à l’installation des personnels et prêts à la mobilité).

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Remise de gestion : la CPU se félicite de l'accord



La Conférence des présidents d’université se félicite de l’accord trouvé dans le cadre de la remise de gestion entre la caisse nationale d’assurance maladie et les mutuelles étudiantes pour que ces dernières puissent assurer pleinement leur mission de gestion du régime étudiant de sécurité sociale.

La CPU avait été alertée par les mutuelles et les organisations étudiantes de leur inquiétude concernant la remise de gestion accordée par la CNAM et s’en était fait le relais auprès des pouvoirs publics.

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