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Les marronniers de Shanghai 
Comme la rentrée des classes ou le baccalauréat pour le secondaire, la publication du classement de Shanghaï est un événement attendu et abondamment commenté chaque année, à la même période.
La première année de sa publication, ce classement avait provoqué en France un véritable traumatisme en donnant l’image d’universités françaises déclassées au sein d’un espace mondial de l’enseignement supérieur. Depuis, les analyses critiques de ce classement se sont multipliées, mettant en garde contre l’effet réducteur et dangereux d’un classement global, exclusivement fondé sur la recherche, donnant la part belle aux Prix Nobel et Médailles Fields, ne tenant pas compte des différences entre domaines, ni des différences de structure entre les systèmes d’enseignement supérieur. Le principal concepteur de ce classement, le professeur Nian Cai Liu, rappelle lui-même, dans un récent interview donné au site Educpros que ce classement a été conçu pour les étudiants chinois désirant étudier à l’étranger et que « les universités doivent se concentrer sur l’amélioration de la qualité de la formation, de la recherche et de leurs services, plutôt que d’essayer d’atteindre telle ou telle position dans un classement ». Il n’en demeure pas moins que ce classement a eu un effet considérable sur la perception collective des enjeux de l’enseignement supérieur et de la recherche et a influencé, plus ou moins directement, beaucoup de programmes de réformes en Europe.
Depuis, et reflétant en cela la progressive internationalisation des activités universitaires, la pratique du « ranking » s’est beaucoup répandue, offrant une information comparative condensée. On en trouvera une présentation commentée très riche sur le site de l’Institut Thomas More, dans un article intitulé « Vers quel classement européen des universités ? » Cet article (http://institut-thomas-more.org/showNews/379) souligne la diversité des méthodes – et donc des résultats – possibles, mais aussi la fragilité structurelle du système d’enseignement supérieur et de recherche français encore très morcelé entre Ecoles et Universités, Universités et Organismes.
Consciente que la critique des classements existants ne peut servir de seule politique, même si cette critique est justifiée et doit être poursuivie de façon méthodique et raisonnée, la Commission Européenne a décidé de lancer un appel d’offres pour la mise au point et l’essai de la faisabilité d’un « classement multidimensionnel des universités en Europe et dans le monde ». Ce classement devra permettre aux étudiants européens et non européens d’apprécier la qualité des universités selon les divers domaines de la recherche et de l’enseignement et en intégrant des critères comme la mobilité internationale, l’accès à l’emploi, la qualité de la pédagogie et des services, les dispositifs de formation continue, etc.
C’est dans cet esprit que la CPU a apporté son concours à la réponse à l’appel d’offres européen, qui a été remporté en juin dernier par un consortium de cinq centres européens, au sein duquel la France est représentée par l’Observatoire des Sciences et Techniques.
Il n’en demeure pas moins que, même au sein de ce consortium, il y a parfois des divergences de points de vue notables quant à la vision de ce qui est attendue de tels classements, notamment en termes de retombées sur le financement des établissements.
La voix des représentants français, au demeurant peu nombreux à se motiver sur ces questions dans les enceintes européennes, ne se fait pas d’ailleurs pas suffisamment entendre et la CPU elle-même doit s’emparer plus vigoureusement de cette question, pour la traiter de front, sans la dissocier des questions d’évaluation, d’autoévaluation et de qualité.
Le temps n’est plus en effet où ces questions pouvaient être le fait de quelques passionnés, dont on considérait qu’ils importaient dans l’université des modèles inspirés de l’entreprise, sans intérêt réel pour nos établissements.
Nous devons aujourd’hui faire le lien entre les processus d’évaluation, de « dispositifs qualités » et de classements et agir afin qu’ils soient cohérents les uns avec les autres et apportent un réel plus à nos universités, aux usagers et aux personnels, et globalement au service public d’enseignement supérieur et de recherche. La marche est encore longue mais nécessaire si nous ne voulons pas tous subir au lieu d’agir et d’orienter.
La CPU et la CDIUFM lancent un groupe de travail sur l’évolution des IUFM.
Depuis l’intégration des IUFM dans les universités, outre la mastérisation de la formation des enseignants qui a fait l’objet de nombreux échanges entre les deux conférences, une question importante se pose en effet : celle du devenir des IUFM.
Ce sujet concerne bien sûr en premier lieu les IUFM et les universités qui les ont intégrés mais également toutes les universités qui, bien que non intégratrices, ont tissé des liens avec ces instituts et doivent continuer à le faire.
La première réunion du groupe de travail qui s’est déroulée le 4 novembre a fait émerger les sujets à débattre en priorité. Le postulat de départ est que les IUFM ont un savoir-faire, des compétences et des moyens, qu’il faut valoriser tout en les faisant évoluer. Comment les universités vont-elle former les enseignants dans un paysage qui se transforme et dans lequel les conditions locales de l’intégration des IUFM sont très diverses ? Actuellement les IUFM ont des compétences reconnues dans le domaine de la formation initiale et continue des enseignants, de l’organisation et du suivi des stages, qui méritent d’être mises au service de toutes les universités. C’est donc une réflexion qui dépasse une politique d’établissement, et doit s’étendre bien au-delà, au niveau des Académies mais aussi des PRES, les deux ne se recouvrant pas toujours.
En plus des compétences que l’on pourrait qualifier de « cœur de métier», le groupe de travail a évoqué plusieurs autres pistes pour ce qui pourrait être de futurs « instituts supérieurs de la formation ». Ainsi, la formation des moniteurs ou allocataires de recherche, la préparation au concours des étudiants qui seraient déjà détenteurs du master, le développement des TICE, la formation des étudiants à l’expression des « compétences » pourraient bénéficier de l’expérience et des moyens des IUFM. A aussi été évoquée l’idée d’étendre la mission des IUFM sur certains sites en les impliquant directement dans les formations du domaine de l’éducation ou du secteur socio-culturel et dans la recherche en pédagogie et sur le système éducatif, mais aussi en didactique, tous secteurs de recherche notoirement sous développés en France et mal reconnus. La question des relations avec les UFR et laboratoires de recherche de ces différents domaines devra être traitée. La CPU et la CDIUM, pour leur prochaine rencontre continueront à creuser ces pistes.
Les membres du groupe de travail se sont également répartis dans des sous-groupes chargés de traiter les questions « d’organisation » et « de moyens » que la mise en œuvre de la mastérisation va engendrer à très court terme.
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La CPU et les étudiants en situation de handicap
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté de personnes handicapées a profondément changé les obligations des universités en matière d’accueil de ces personnes, tant des étudiants que des personnels. Cette obligation énoncée dans l’article 20 de la loi confirme le rôle des universités d’accueil, d’intégration et d’aide à la réussite de tous les publics et, donc, de principal moteur de l’égalité des chances.
Ainsi, pour favoriser l’accès des étudiants en situation de handicap à l’université, la CPU a initié puis signé en septembre 2007 la charte Université/Handicap,qui constitue un engagement de la part de l’ensemble des présidents d’université. Elle a parallèlement réuni un groupe d’experts, chargés de réaliser un guide de l’accueil de l’étudiant handicapé à l’université dont les travaux ont également abouti à la rentrée 2007- Télécharger le guide au format PDF.
Ce groupe, composé d’acteurs universitaires en charge de l’accueil des étudiants en situation de handicap, de la CPU et de la DGESIP, rassemble des compétences et domaines d’expertise très différents, et se charge de l’animation d’un réseau de responsables d’accueil, d’une fonction de mutualisation et de réponses aux interrogations nombreuses sur des sujets variés (taux des prestations pédagogiques assurées par les universités, outils et catégories d’emplois ou supports utilisés, création et fonctionnement des structures en charge du handicap, interprétation de la réglementation relative aux examens et concours…). Une réunion des chargés de mission handicap, à l’initiative de la DGESIP, est organisée chaque année.
Un des points clés de la réflexion cette année est, dans un premier temps, la formation des personnels qui travaillent auprès des étudiants en situation de handicap (personnes des structures dédiées, personnels des services de scolarité, enseignants, étudiants employés ponctuellement). Le groupe a identifié la diversité des besoins et estime que ces besoins correspondent principalement à l’aide à la prise de fonction. Une réponse opérationnelle pourrait être la mise en place d’un réseau de pôles régionaux de formation, s’appuyant sur des universités déjà porteuses de ressources pédagogiques, et le recours à des personnes ressources suivant un plan de formation établi nationalement. Dans un second temps, pourra être établi un plan de formation et de sensibilisation de tous les personnels, afin de faire de la situation de handicap l’affaire de tous.
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